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Recherche minière : l’État accorde trois permis à cette société qui veut explorer le sous-sol du Grand Ouest... |
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La commune Breizh Ressources veut explorer le sous-sol du massif armoricain (photo illustration). © Archives Ouest-France
L’État vient d’accorder les permis exclusifs de recherches minières que sollicitait la société Breizh Ressource. Le périmètre porte sur quatre départements : Ille-et-Vilaine, Morbihan, Loire-Atlantique et Maine-et-Loire. Le projet est vivement contesté localement.
Fin 2023, la start-up lorientaise Breizh Ressources – filiale d’une société canadienne – dépose trois demandes de permis exclusifs de recherches de mines auprès de l’État. La surface totale s’étale sur 860 km² et quatre départements : Morbihan, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique et Maine-et-Loire.
Un an et demi plus tard, une vague d’opposition s’est levée localement contre ces projets, portés par un géologue canadien qui a fait fortune en découvrant une mine d’or en Équateur.
Après une longue phase d’instruction, le ministre chargé des Mines a rendu sa décision le 3 décembre 2025. Elle a été publiée, mercredi 10 décembre, au Journal officiel. Malgré la contestation, l’État a accordé à la start-up les trois permis qu’elle sollicitait. Le premier Epona, porte sur une superficie de 51 km2 dans le Morbihan. Le second Bélénos porte sur un périmètre de 440,9 km2 en Loire-Atlantique et dans le Maine-et-Loire. Enfin le dernier, Taranis, s’étale sur 359,5 km2 à la jonction de l’Ille-et-Vilaine, du Morbihan et de la Loire-Atlantique.

Keith Barron est le président de Breizh Ressources. Capture d’écran
Évaluer la présence de plus de 20 métaux stratégiques et rares
« Ces périmètres constituent une zone d’étude maximale qui sera amenée à se réduire progressivement en fonction des résultats, indique l’entreprise. Ces titres autorisent Breizh Ressources à entreprendre un travail d’exploration encadré par l’État pour identifier et évaluer la présence de plus de 20 métaux stratégiques et rares dont les principaux sont l’antimoine, l’argent, le cuivre, l’étain, le germanium, l’indium, l’or, le tungstène, le plomb et le zinc. »
Breizh Ressources poursuit : « Ces permis ne concernent que des études de terrain et d’analyse et n’autorisent ni l’ouverture d’un site d’extraction ni des travaux lourds. Les éventuels forages de petit diamètre devront faire l’objet d’autorisations spécifiques et resteront strictement encadrés par arrêté préfectoral. »
« Pas d’après mine heureux »
De très nombreuses associations et communes se sont mobilisées depuis de longs mois pour clamer leur opposition au projet. Dominique Williams, spécialiste du sujet chez Eau et Rivières de Bretagne, rappelait, il y a quelques mois, dans Ouest-France : « Il n’y a jamais d’après mine heureux. L’homme n’a pas les moyens techniques pour contenir la pollution. »