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Près d’Angers. Ils ont obtenu leur certificat d’études primaires... |
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Les candidats penchés sur leur feuille, tentent de résoudre un problème qui présente des pièges. La carte de France et le tableau figurent une classe d’autrefois. Le maître, baguette à la main, veille à la régularité de l’épreuve. © Ouest-France
Ils se sont présentés ce vendredi 4 octobre, salle Calebasse à Saint-Léger-des-Bois (Maine-et-Loire), pour affronter les terribles épreuves du certificat d’études. Le cœur un peu serré en souvenir de ce jour lointain, le désir ardent aujourd’hui de faire encore mieux.
Ils sont venus avec courage ce vendredi 4 octobre, salle Calebasse, à Saint-Léger-des-Bois (Maine-et-Loire), repasser le certificat d’études. Ils ont un peu d’appréhension parce que les souvenirs ressurgissent. « Détendez-vous ! », a dit d’une voix haute le maître d’école. On s’est assis, on sentirait presque tout au bout de la table l’odeur âcre de l’encre violette dans laquelle l’écolier trempait jadis sa plume d’acier.
Aujourd’hui, on a apporté le stylo-bille quatre couleurs, signe d’une évolution technique, mais fi des pleins et déliés qui donnaient aux lettres leur belle apparence. On se tient bien droit, les avant-bras posés sur la table. On a les réflexes d’autrefois.
On s’est détendu avec des ballons qui ont volé au-dessus des têtes. On est prêt pour la redoutable dictée qui évoque aujourd’hui les derniers Jeux olympiques de Paris.
La voix est distincte, les plumes courent sur le papier. On s’attarde sur l’accord des participes passés conjugués avec être ou avoir, on hésite sur l’orthographe des mots issus du grec et qui désignent les disciplines sportives.
Un diplôme mérité
L’exercice qui suit porte sur le vocabulaire et on affronte le pluriel des noms et adjectifs, on place sur une carte de France les villes françaises dont on a donné l’anagramme. On calcule le bénéfice réalisé par un marchand de vaisselle mais ce maladroit a cassé une dizaine d’assiettes. On additionne, on multiplie, on soustrait, on divise mais quand tout s’embrouille dans la tête, on s’accorde une pause. On reprend avec les sciences et on désigne les organes de la nutrition sur un dessin. On colorie enfin avec soulagement des triangles de couleurs différentes inscrits dans un hexagone régulier.
L’épreuve est harassante. Les candidats ont mérité leur diplôme.
Gilbert Croix et Isabelle Le Gall, bénévoles au centre social intercommunal l’Atelier, qui proposent des ateliers remue-méninges aux seniors, ont animé avec brio un après-midi plein de souvenirs. Une trentaine de candidats ont revécu une époque révolue où l’obtention du fameux diplôme ouvrait la perspective d’une vie meilleure et mieux remplie dans le monde paysan et ouvrier.