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Plus d’herbicides dans les bourgs entourés de cultures : ce que dévoile l’outil qui traque les pesticides dans l’air... |
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Frédéric Bourdalou, technicien métrologue à Air Pays de la Loire, présente un appareil de mesure utilisé pour traquer les pesticides dans l’air. © OUEST-FRANCE
La première carte numérique des pesticides présents dans l’air, appelée PhytAtmo Dataviz, vient d’être publiée. Elle permet de comparer, substance par substance, les quantités de pesticides présents dans l’air que nous respirons. Et de les comparer avec une moyenne nationale.
Il existait jusqu’ici des instruments de mesure des pesticides présents dans l’eau ou les aliments, mais pas dans l’air. C’est désormais chose faite : Air Pays de la Loire a présenté, ce lundi 30 avril à Nantes, un nouvel outil numérique baptisé PhytAtmo Dataviz. On y trouve les mesures annuelles de pesticides relevées sur un site précis, avec la possibilité de les comparer avec celles d’autres sites étudiés en France. Cela permet de repérer plus facilement la teneur de l’air en pesticides et savoir si elle mérite une attention particulière. Air Pays de la Loire a travaillé avec trois sites de mesures à Angers-Montplaisir (en agglomération), à Pouillé (zone de grande culture en Vendée) et au Plessis-Grammoire (zone d’arboriculture en Maine-et-Loire).
Produit interdit depuis 1998
On retrouve dans notre région des pesticides, que ce soit en zone urbaine comme à Angers ou dans les bourgs ruraux,Â
explique François Ducroz, ingénieur référent qualité de l’air à Air Pays de la Loire. Les niveaux de concentration ne sont pas les mêmes selon les lieux : on a plus de pesticides dans les bourgs ruraux entourés de zones agricoles cultivées. On retrouve essentiellement des herbicides, notamment durant l’automne, en amont des cultures d’hiver. En milieu urbain, à Angers, on retrouve aussi des herbicides mais plus faiblement. On détecte aussi des molécules comme le lindane, pourtant interdit depuis 1998.
En zone viticole, on va retrouver par exemple à Marolles-les-Brault (Sarthe), du foltane, un fongicide anti-mildiou. En zone de grande culture, dans le nord de la région, on utilise le prosulfocarbe, assez volatile que l’on va retrouver en plus fortes qualités. Et l’on rencontre encore parfois du glyphosate (un désherbant), mais à beaucoup plus faibles doses.
L’outil Phytatmo Dataviz permet un comparatif avec la moyenne nationale des pesticides contenus dans l’air.
 Leur teneur n’est pas réglementée, note François Ducroz. Il n’y a pas de seuil légal.
Une vingtaine de polluants ont été détectés sur environ 90 produits recherchés. Relevés sur le site www.atmo-france.org. Â