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Nyoiseau. L’histoire des mines de fer racontée aux curieux... |
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Nyoiseau. L’histoire des mines de fer racontée aux curieux
L’Office de tourisme de l’Anjou bleu a proposé un parcours art et patrimoine sur le site des anciennes Mines de Fer à Nyoiseau, grâce à l’association des Mines de Fer de l’Anjou et à Centrale 7.
L’Anjou est bien connu pour son tuffeau ou son ardoise. Mais un autre minerai a aussi fait la renommée du Haut-Anjou. Il s’agit du fer. L’Office de tourisme de l’Anjou bleu a proposé cet été une visite de l’exposition « sur les pas des mineurs »
à Nyoiseau.
Créée par l’association des Mines de fer d’Anjou présidée par Marc Beluet, celle-ci se trouve sur la friche industrielle de Bois 3. Elle est composée de douze panneaux didactiques qui racontent la mine de la géologie à la vie quotidienne des mineurs. Les photos d’ouvriers exposées donnent corps au souvenir du travail de la mine.
« Partager ce qui s’est passé ici »
Les panneaux expliquent le filon, l’extraction, l’industrie, la vie dans les cités minières, etc. Ils rappellent que le chevalement métallique, toujours debout, était doté de câbles qui permettaient de descendre les hommes et remonter le minerai. Au pied du chevalement, le visiteur peut apercevoir le treuil de secours.
Sur le parcours, on voit une berline qui recueillait le minerai, une cage d’ascenseur, qui servait aussi bien aux hommes qu’au minerai, une réplique à échelle réelle d’une taille d’exploitation qui permet de se représenter l’exiguïté des conditions de travail des mineurs de fer.
Ce parcours « permet de partager ce qui s’est passé ici »,
explique Marc Beluet.
Un passé singulier. L’exploitation du fer dans le Segréen remonte à plusieurs siècles comme en témoigne le château des Forges à Noyant-la-Gravoyère. Mais, le véritable accélérateur de son exploitation à une échelle industrielle est la guerre de 1870 qui a vu la perte par la France de la Lorraine et ses mines de fer. Il a fallu exploiter le minerai disponible ailleurs en France.
400 mètres sous la terre
Jusqu’à 700 personnes ont travaillé dans les mines de fer du Segréen. Marc Beluet explique que la création des cités ouvrières au début du XXe siècle a permis de maintenir sur place les mineurs. Ceux-ci étaient d’abord des paysans qui retournaient régulièrement à la ferme. Avec les cités, ils sont devenus ouvriers à part entière. Ceux-ci ont pris une part de plus en plus importante dans la vie locale puisqu’ils ont entraîné, notamment à Nyoiseau, la construction d’école, de terrain de sport, de la piscine dans le lit de l’Oudon, de la chapelle Sainte-barbe à Bois II.
Sous les pieds des visiteurs, la mine représente une centaine de kilomètres de galeries descendant à 400 mètres sous terre. 80 millions de tonnes de minerai de fer ont été extraites jusqu’à la fermeture des mines en 1985. Depuis, les galeries se sont remplies d’eau. En surface, la friche industrielle abrite de nouvelles activités, en particulier artistiques, grâce au collectif Centrale 7, au sculpteur Jimmix et au peintre Florent Maussion par exemple.
Le fer se fait art avec Eric Sanchez
Après avoir vu la mine, les visiteurs ont pu découvrir l’usage de fer en direct grâce à Eric Sanchez. Cet artiste forgeron est installé à Centrale 7 depuis mai 2018.
Il travaille l’assemblage de métaux récupérés et la forge, deux techniques très différentes. Alors que la forge nécessite de tout prévoir, tout calculer, la récup’, elle, oblige à se faire confiance.
Pour Eric Sanchez, « la fonction de l’objet est le point de départ, comme une excuse pour fabriquer la structure. Sans fonction, c’est le vide. L’esthétique arrive ensuite, inhérente à la structure. C’est elle qui crée l’esthétique, du fait de la fonction qui lui a été assignée et des contraintes qui viennent ponctuer sa fabrication. Et plus il y a de contraintes, plus il y a d’esthétique, car les contraintes imposent de concevoir et fabriquer des formes pour y remédier. Et puis c’est en répondant à ces contraintes qu’il y a des accidents, eux-mêmes source de liberté. »
La rencontre dans l’atelier de l’artiste a permis aux visiteurs d’avoir une impressionnante démonstration de forge, et même de s’initier à marteler le fer incandescent sur l’enclume pour les plus audacieux.