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Naufrage au large de la Libye : 53 migrants morts ou portés disparus, deux rescapées... |
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Une photo d’archive du 6 juin 2015 montre des migrants clandestins d’origine africaine, qui souhaitaient rejoindre l’Europe, à bord d’une embarcation après avoir été interceptés par les garde-côtes à 29 kilomètres des côtes libyennes. © HAZEM TURKIA / Anadolu via AFP
Le naufrage d’un canot pneumatique au large des côtes libyennes a causé la mort de 53 migrants, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Seules deux Nigérianes ont pu être secourues.
Cinquante-trois personnes sont mortes ou portées disparues après le naufrage d’une embarcation transportant 55 migrants au large des côtes libyennes, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), précisant que deux Nigérianes avaient pu être secourues.
Ces 55 personnes se trouvaient à bord d’un canot pneumatique, a expliqué l’OIM dans un communiqué, cité par l’Agence France Presse (AFP).
« Réseaux criminels de passeurs »
« L’embarcation a chaviré au nord de Zuwara, en Libye, le 6 février. Seules deux femmes nigérianes ont été secourues lors d’une opération de recherche et de sauvetage menée par les autorités libyennes. L’une des survivantes a déclaré avoir perdu son mari, tandis que l’autre a dit avoir perdu ses deux bébés dans la tragédie », a indiqué l’OIM.
Selon les témoignages des survivantes, l’embarcation, qui transportait des ressortissants africains, a quitté Zaouia, près de Tripoli, le 5 février au soir, a ajouté la même source.
Il a chaviré environ six heures plus tard après avoir pris l’eau.
Ce naufrage porte à au moins 484 le nombre de migrants signalés morts ou disparus sur la route migratoire de la Méditerranée centrale en 2026, selon l’OIM.
Beaucoup des migrants qui cherchent à quitter la Libye pour rallier l’Europe sont interceptés par les garde-côtes libyens.
« Ces événements tragiques soulignent une fois de plus la nécessité d’intensifier les efforts conjoints avec nos partenaires, y compris la Libye, afin de prévenir de tels périples dangereux et de lutter contre les réseaux criminels de passeurs qui mettent des vies en péril », a réagi un porte-parole de la Commission européenne, auprès de l’AFP.
« Déterminés »
« Nous poursuivons notre collaboration avec la Libye sur tous les aspects de la gestion des migrations, y compris les opérations de recherche et de sauvetage en mer, la protection, le retour volontaire assisté et la réintégration – autant d’actions visant à sauver des vies et à proposer des alternatives plus sûres et plus durables à la migration irrégulière », a ajouté le porte-parole.
En outre, a-t-il ajouté, « nous restons déterminés à continuer de travailler avec la Libye et nos autres partenaires pour nous attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et promouvoir des voies d’accès légales, sûres et ordonnées ».
Depuis la chute et la mort du dictateur Kadhafi en 2011, la Libye est en proie aux divisions et à l’instabilité qui ont favorisé la traite de personnes, entraînant de multiples abus contre les migrants, dont des cas d’extorsion et d’esclavage, selon l’ONU et des ONG internationales.
Selon l’OIM, la route migratoire de la Méditerranée centrale est la plus mortelle au monde, avec 1 340 décès enregistrés l’an dernier.
L’OIM souligne « la nécessité d’une coopération internationale renforcée et de réponses axées sur la protection pour lutter contre les réseaux de contrebande et de traite des personnes, parallèlement à la mise en place de voies de migration sûres et régulières afin de réduire les risques et de sauver des vies ».