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Nantes : accusés de pédophilie, ils craquent

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Le procès en appel de l'affaire de pédophilie d'Angers touche à sa fin. Après deux mois et demi de débats, trois accusés ont lâché des aveux.

NANTES. - L'interrogatoire des douze accusés qui ont fait appel s'est achevé sur un silence ou des aveux. Dans cette immense affaire de pédophilie où 44 enfants d'Angers ont été violés, agressés, prostitués. Depuis deux mois et demi, la défense s'est fissurée. Pressés, taraudés par les questions de la cour, peut-être aussi secoués par les mots insoutenables des enfants, diffusés sous forme de vidéos, quelques-uns ont craqué.

À commencer par Didier R., condamné à Angers à 18 ans. Après ses multiples coups de sang, ses pleurs, il cède. Reconnaît presque tout, même des faits pour lesquels il a été acquitté. Édith, Élisabeth, Marine, Inès, Maxime, Geoffroy, Boris (1)... Il leur a fait du mal, beaucoup de mal. Chez lui, dans des cabanes de jardin, au camping. Au fil de l'audience, Didier additionne les scènes, raconte les pleurs des enfants. Et demande pardon.

Pourquoi ces aveux tardifs ? « Au procès d'Angers, le papa de Boris était là, à côté de moi, je pouvais pas. » Pourquoi il a fait appel ? « Parce que j'ai pris 18 ans, c'est trop. Je veux pas payer pour les autres bêtises que j'ai pas fait. » Avec son lourd passé de victime, alors qu'il n'avait que 9 ans, puis d'agresseur sexuel, il assure qu'il veut se soigner. « C'est indispensable. » À 35 ans, il accepte la castration chimique.

Deux accusés expulsés

Moïse C., lui aussi, a fini par reconnaître tout... et un peu n'importe quoi. Il s'emmêle dans les dates et les prénoms. Quand la cour lui demande s'il est pédophile, il répond : « Je veux bien vous croire Monsieur le président. » Il avoue des agressions sexuelles sur trois mineurs, pas les viols. C'est la peur, dit-il, qui l'empêchait de parler. La peur et les menaces d'un des principaux accusés, Jean-Marc J., qui, mardi, s'est jeté sur lui et l'a frappé au visage. L'agresseur expulsé, Moïse s'est libéré.

Intimidations, insultes. Les aveux éclaboussent l'ensemble des accusés, fragilisent toute une ligne de défense. La théorie du complot vacille. La cour reprend laborieusement les témoignages, les scènes, la 98, la 26, la 63, la 75... Les jurés se plongent dans des schémas sinistres et complexes. Éric J., soupçonné d'être l'un des organisateurs du réseau, d'avoir prostitué 35 mineurs, abusé de 29 enfants, persiste : « Il s'est jamais rien passé. » Une vingtaine de personnes l'accusent, enfants, adultes. « Non, j'ai jamais fait ça. » Loïc V. crie lui aussi au mensonge, provoque la cour, vomit des injures. Il sera expulsé.

Et puis il y a Philippe B. Il a fait un pas. Il admet finalement avoir prostitué des enfants dont les siens, pour 300 € par semaine. « On achetait de la bouffe, des bijoux, on allait se saouler... Mais je n'ai jamais touché un gamin. » L'avocat général a « l'impression désagréable » qu'il « reste au milieu du gué ». Une impression qui colle à l'ensemble de ce second procès. Les débats sont clos. La parole est aux avocats des victimes. Verdict dans deux semaines.

Marylise COURAUD (avec Charles CENTOFANTI).

(1) Prénoms d'emprunt.

 
Ouest-France  

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