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Municipales 2026 à Nantes. Bassem Asseh a quitté Johanna Rolland après son accord avec LFI mais votera pour elle... |
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Bassem Asseh, qui s’est retiré de la liste de la maire sortante de Nantes : « Le rôle d’un leader c’est d’assumer les choix difficiles dans des situations difficiles. » © Archives OUEST-FRANCE
Le toujours premier adjoint de la maire sortante de Nantes, de centre gauche, qui s’est retiré de la liste à la suite de l’accord avec LFI, appelle néanmoins à voter pour la candidate socialiste. Sans hésiter. Il explique les raisons de son choix.
« Je suis en période de diète médiatique. » C’est la réponse que le socialiste Bassem Asseh nous envoie alors qu’on le sollicite, ce lundi soir 16 mars. Malgré tout, l’encore premier adjoint de Johanna Rolland, qui a décidé de se retirer de la liste de la « gauche unie » à la suite de l’accord avec la France insoumise, a accepté de nous répondre. Pour nous expliquer son choix au-delà de son bref message sur le réseau social X, qui lui a valu « des centaines de messages de félicitations » mais aussi de coups de fil « sympathiques » de figures politiques nationales de gauche, dont il ne veut pas dévoiler l’identité.
Bref retour sur la douche froide de dimanche soir. Et la très faible avance de la maire sortante PS Johanna Rolland sur son adversaire de droite, Foulques Chombart de Lauwe. Il prévient la maire : si un accord est noué avec LFI, il s’en ira. Donc, lundi, à 18 h, quand l’annonce tombe, il n’hésite pas un instant, il dit à ses camarades qu’il se retire. Sans claquer la porte, sans véhémence, ce n’est pas le style du bonhomme. Trop de combats menés aussi avec sa patronne. Trop d’amitiés, également. Mais droit dans ses Docs Martens, qu’il aime porter, y compris à l’hôtel de ville. L’homme est ainsi. Fidèle à lui-même. N’avait-il pas écrit, voilà peu, sur X, « Mélenchon, qu’il sombre, qu’il sombre seul » ?
« Mon choix, c’est le courage de la nuance »
Mais après ? Pourquoi appelle-t-il à voter pour Johanna Rolland ? Comment un électeur du centre gauche peut accepter cette « fusion technique » avec LFI, qui leur offre dix places tout en les mettant dans l’opposition ? Il ne tourne pas autour du pot. « Soit l’on considère nos options politiques comme binaires : c’est oui ou c’est non. Soit on pense que nos options s’inscrivent dans un nuancier qui va du meilleur au pire. »
Donc ? « Quand on est au centre gauche comme je le suis, on vote pour Johanna Rolland. Évidemment ! C’est bien mieux qu’une droite au pouvoir qui promet un retour en arrière. » Ses arguments peuvent-ils être entendus ? Il sourit : « Dans tous les cas, c’est le courage de la nuance, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Jean Birbaum (N.D.L.R. : journaliste, directeur du Monde des livres). Cela fait moins de buzz qu’un tweet, mais c’est ça le courage en politique. »
Et il assume. Sans juger la décision prise : « C’est facile d’être observateur. Si ça avait été moi dans l’action, qu’aurais-je fait pour conserver la ville à gauche ? Le rôle d’un leader c’est d’assumer les choix difficiles dans des situations difficiles. » Il enfonce le clou : « Johanna Rolland est assurément une leader ».