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Météo : pourquoi y a-t-il autant de brouillard ?... |
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Des nappes de brouillard à Douarnenez (Finistère), en septembre 2021. © YVES-MARIE QUEMENER / ARCHIVES Ouest-France
Dans la moitié nord de la France, la météo de cette fin du mois d’octobre 2024 est marquée par des brouillards matinaux très fréquents et très denses. Pourquoi sont-ils aussi présents ? On fait le point.
Si le temps de cette fin du mois d’octobre est beaucoup plus calme que celui du début du mois, il reste marqué par la présence très régulière de brouillards et de nuages bas Comme le montre l’image satellite ci-dessous, ceux-ci sont encore bien présents en ce mardi 29 octobre 2024, notamment en Île-de-France, dans les Hauts-de-France ou en Normandie.

Le ciel de France ce mardi 29 octobre 2024 à 11 h. METEOLOGIX
Beaucoup d’humidité
Ce ciel largement embrumé est la conséquence de plusieurs facteurs. Le premier d’entre eux est bien sûr l’humidité. Pour que du brouillard puisse se former, il faut que les basses couches de l’atmosphère, celles qui sont au contact du sol ou presque, soient humides.
Or, « avec toute la pluie qui est tombée ces dernières semaines, les sols sont très humides », rappelle Yann Amice, météorologue pour Weather & Co. Une humidité conséquente qui influe sur celle relevée dans l’air qui surplombe ces sols gorgés d’eau. Cette humidité est en plus comme plaquée au sol par les fortes pressions qui dominent le ciel français ces jours-ci.
Des températures qui fraîchissent
Pour que cette humidité se transforme en brouillard, il faut ensuite que les températures soient suffisamment basses pour qu’elle se condense et forme de microgouttelettes d’eau.
Or, en cette fin du mois d’octobre, même si les températures restent encore supérieures aux normales de saison, elles commencent mécaniquement à fraîchir. Lundi 28 octobre, l’indicateur thermique national, qui compile les températures minimales et maximales relevées dans 30 stations métropolitaines, atteignait 14,38 °C, contre par exemple 21 °C au début du mois de septembre.
Lundi, toujours, cet indicateur thermique national s’est traduit en matinée par des températures minimales de passant régulièrement sous les 10 °C dans certaines régions. Un niveau suffisamment bas pour favoriser la condensation de l’humidité et donc, le brouillard.
Très peu de vent
Ce rafraîchissement nécessaire à la formation du brouillard est en plus facilité par l’absence de vent. Pourquoi ? Parce que « s’il y a du vent, le brassage des masses d’air est plus important et le refroidissement doit donc se faire sur une couche d’air beaucoup plus importante », rappelle Yann Amice. Autrement dit, ce refroidissement, qui ne doit donc plus se contenter de toucher les couches près du sol, est plus difficile. Le phénomène de condensation en est donc compliqué d’autant. À titre d’exemple, les brouillards observés lundi dans l’Ouest l’ont été alors que les rafales de vent plus puissantes ont été mesurées à environ… 10 km/h !