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Maine-et-Loire. Sur les traces de Croisés avec le prieuré de la Jaillette

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photo  christophe le bret devant le cloître restauré.  ©  ouest-france 1

Christophe Le Bret devant le cloître restauré. © Ouest-France

Seul prieuré roman en Pays de la Loire à avoir encore cette structure, le prieuré de la Jaillette, situé à Louvaines, commune déléguée de Segré-en-Anjou-Bleu (Maine-et-Loire), est l’une des pépites historiques de l’Anjou. Ce prieuré augustin a été fondé en 1194 par Geoffroy Ostorius, de retour de la troisième croisade avec Richard Cœur de Lion.

Le prieuré de La Jaillette, niché à Louvaines, commune déléguée de Segré-en-Anjou-Bleu (Maine-et-Loire), est l’un des trésors méconnus de l’Anjou. Et ce n’est que depuis quelques années qu’il se dévoile aux yeux du grand public, grâce à la passion d’un couple : Christophe et Catherine Le Bret.

Oubliée de tous, cette propriété est en effet – aujourd’hui – le seul prieuré roman de ce type en Pays de la Loire. Un trésor de 827 ans, inestimable pour les archéologues et férus d’histoire.

L’époque de Richard Coeur-de-Lion

L’histoire du prieuré remonte à 1194. Cette année-là, le chevalier Geoffroy Lostorius revient de la troisième croisade, celle menée par Richard Cœur de Lion. « Il a alors fait don aux moines augustins de l’abbaye du Mélinais [située près de La Flèche, NDLR] d’une chapelle et de terres qui l’entourent » , retrace Christophe Le Bret. Les moines fondent alors le prieuré. Et, particularité, ce dernier est construit sur le plan d’une abbaye cistercienne : au nord l’église, à l’est la salle capitulaire surmontée du dortoir des moines et de la chambre du prieur, au sud un réfectoire et une cuisine, et au centre, un cloître. Le réfectoire et la cuisine seront transformés au XVe siècle en manoir prieural.

Avec la Révolution, le cloître disparaît en partie

Mais le temps fait son œuvre, et à la Révolution, la propriété est revendue. La chapelle, elle, est conservée par la commune. Le cloître est alors en partie détruit, ses pierres servant à la construction d’un mur de séparation entre l’ancien prieuré et la chapelle. « La salle capitulaire servait par exemple de cave à cidre. »

En 2000, le couple Le Bret recherche une résidence pour y établir leur famille. « Nous avions des postes de cadre dirigeant et cherchions un lieu dans les 300 km autour de Paris. Nous souhaitions un endroit à restaurer, avec une histoire. Mais pas trop grand. »

Une agence leur parle alors de cet ancien prieuré, reconverti en exploitation agricole. « Ils nous ont prévenus qu’il était en mauvais état. Et effectivement, c’était le cas. » Le coup de cœur est pourtant immédiat. « C’est difficile à expliquer. Peut-être la lumière. En tout cas, il se passe quelque chose ici. »

Les travaux qui les attendent sont titanesques : le cloître a presque complètement disparu et le manoir est à rénover intégralement. « Honnêtement, c’était un peu de la folie. Mais nous étions bien accompagnés et conseillés par un ami architecte. Il nous a rassurés. »

« Pas question de faire du Disney »

Le couple commence à retaper le bâtiment principal pour y habiter, puis celui des moines avec la salle du chapitre, le dortoir et la chambre du prieur. C’est en 2014 qu’il s’attaque au cloître, accompagné et conseillé par la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) et les ABF (Architectes des bâtiments de France). Le mur qui sépare la chapelle et la propriété est alors déconstruit pierre par pierre pour retrouver chapiteaux et colonnes.

Les architectes procèdent à l’anastylose du cloître – c’est-à-dire à sa restauration à partir des blocs d’origine. « Il était hors de question pour la Drac de nous laisser faire du Disney. Soit on fait à partir des éléments que nous avions, soit on ne fait pas. Mais il était hors de question d’inventer. »

Le chantier s’est terminé il y a maintenant deux ans. Depuis, le couple s’efforce de le faire revivre et découvrir aux visiteurs, à l’occasion de portes ouvertes ou sur réservation. « Ici, on peut toucher du doigt l’histoire et mieux comprendre comment les moines vivaient au Moyen-Âge », poursuit le passionné.

Et la rénovation se poursuit : cette année, ce sont les peintures murales de la salle capitulaire – alors couvertes de champignons d’alcool – qui ont pu être remises en lumière. « Habiter un lieu historique, c’est ne jamais vraiment finir la restauration », sourit l’amoureux des vieilles pierres.

Jeudi 29 juillet, de 14 h 30 à 15 h 30, une visite du prieuré est organsiée. Renseignements auprès de l’office du tourisme de Segré au 02.41.92.86.83. Site internet : www.prieuredelajaillette.com

 
Stéphanie HANCQ.    Ouest-France  

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