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Maine-et-Loire. Maintien à domicile : en Anjou, l’absence de prime ne passe pas... |
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Les salariés chargés du maintien à domicile ne percevront sans doute pas de prime liée au Covid-19. Le sujet a fait l’objet d’un débat tendu au conseil départemental. © Archives Ouest-France
L’ADMR, la CFDT et certains élus estiment que ces salariés la méritent pour avoir été aussi en première ligne pendant la crise sanitaire. Le président du Département de Maine-et-Loire envisage plutôt une revalorisation salariale.
Prime exceptionnelle ou revalorisation salariale ? Soutien immédiat ou coup de pouce sur le long terme ?
Voilà les contours du débat qui a largement animé, ce lundi 29 juin, le conseil départemental, à propos des salariés de l’aide à domicile, en Anjou. Mobilisés pendant la crise sanitaire, en proximité avec les personnes âgées, ils ne sont pas éligibles aux primes validées par l’État, dont a pu bénéficier, par exemple, le personnel soignant.
Le sujet a pris une épaisseur plus polémique depuis quelques jours. Le 23 juin, Christian Gillet, président du Département, indiquait dans un courrier ses fortes réserves à l’idée d’attribuer des primes aux salariés des établissements et services qui dépendent de la collectivité. Dimanche 28 juin, Bruno Mellet, le président de la fédération des associations ADMR du Maine-et-Loire (1 500 salariés), regrettait ce choix et parlait de « décision inique ».
« 0,25 % du budget total »
Un amendement du groupe minoritaire de l’assemblée départementale avait vocation à remettre ce sujet des primes exceptionnelles sur la table. La collectivité est en charge de l’autorisation et du contrôle des services d’aide à domicile, et finance en grande partie sa mise en place. Mais elle ne paie pas directement les salaires. « Verser une prime coûterait 1,5 million d’euros… soit 0,25 % du budget total », estime Grégory Blanc.
Le groupe propose, lui, 4,5 millions d’euros de crédit supplémentaire afin de faire face, entre autres, à cet enjeu. Un débat dans le débat, à l’occasion du vote du budget supplémentaire, dont les lignes ont largement bougé à la faveur de la crise sanitaire.
Réponse du patron du Département : « Pourquoi seulement une prime pour les aides à domicile ? Il y a eu aussi l’investissement des résidences autonomie associatives, des foyers handicapés, des maisons d’enfants à caractère social. Et pourquoi pas tous les agents du Département ? »
« Mieux revaloriser les salaires… »
Les deux camps ne cesseront, toute la matinée, de défendre leurs positions. Avant de glisser vers un autre scénario, rappelé très tôt par Grégory Blanc. « Samedi, par voie de presse, vous avez indiqué que vous préféreriez augmenter jusqu’à 10 % leurs salaires dans la durée. Mais est-ce que ces 10 % s’ajoutent aux augmentations normales, à venir  ? Autrement dit : y a-t-il un geste volontaire du Département ou pas ? ».
Une interrogation relayée le jour même par la CFDT santé-sociaux dans un courrier écrit au vitriol, dénonçant la position de Christian Gillet. «  Vous pouvez annoncer que vous envisagez une revalorisation, mais elle était déjà d’actualité avant le Covid-19, pointe Amélie Bourcier, secrétaire générale. Cette prime aurait été un premier signe de reconnaissance ! ».
Le président du conseil départemental reste sur sa position, et en rajoute une couche. « Je reste convaincu qu’il vaut mieux revaloriser les salaires dans la durée, plutôt qu’une prime qui va engendrer des iniquités. Si j’étais méchant, je dirais à la fédération de l’ADMR que si elle avait été mieux gérée, elle aurait les moyens de verser elle-même la prime… ». Référence appuyée aux graves difficultés et épisodes judiciaires traversés par la fédération, entre 2017 et 2019. Un argument qui n’a pas vocation à apaiser les esprits.