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Maine-et-Loire. Le Covid-19 fait gonfler les dépenses du Département... |
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Le conseil départemental se réunira, lundi, à Terra Botanica pour voter, notamment, un budget supplémentaire en lien avec la crise du coronavirus. © Ouest-France/Sébastien AUBINAUD
Lundi, le conseil départemental va voter un budget supplémentaire qui doit beaucoup à la crise sanitaire et à ses premiers effets économiques et sociaux. Une pause inédite dans la course au désendettement.
Le conseil départemental s’apprête à voter, lundi, à Terra Botanica, un budget dit supplémentaire largement lié à la crise sanitaire. Et, à ses effets, à court et moyen termes. Il s’agit pour la collectivité de formaliser les dépenses engagées, par exemple, dans les achats de masques (791 000 €), de visières (132 000 €), mais aussi la participation au Fonds territorial Résilience (1,6 million d’euros) dédié aux TPE et PME.
Mais il lui faut aussi d’anticiper d’autres conséquences, notamment sociales, dont l’ampleur reste difficile à évaluer. « Nous constatons une hausse de 9 % du nombre de bénéficiaires du RSA, entre mai 2020 et mai 2019 », assure Christian Gillet, président du Département. 2,5 millions d’euros supplémentaires vont donc être inscrits pour y faire face. « Si cette augmentation se poursuit, ce que je crains, ça coûtera entre 10 et 20 millions d’euros supplémentaires. »
Effet de ciseau
Ces effets collatéraux redoutés seront sans doute au cœur des débats, lundi. Qui faut-il aider prioritairement et à quel prix ? Une certitude : le désendettement de la collectivité, obsession principale de Christian Gillet durant ce mandat, va prendre un coup dans l’aile. « Nos finances sont saines, ce qui nous permet de ne pas augmenter les impôts, mais on va se réendetter de près de 11 millions d’euros en tout », concède le patron du Département, qui redoute un important effet de ciseau. « Une hausse des dépenses sociales d’un côté et des recettes en baisse, de l’autre. »
Les frais de notaire, ou droits de mutation, qui ont représenté d’importantes rentrées d’argent – jusqu’à 115 millions d’euros en 2019 – sont ramenés à 80 millions d’euros espérés en 2020. « Il n’y a eu aucune vente pendant trois mois. »
Primes ou augmentations ?
Pour le groupe Anjou en action, les priorités sont ailleurs. « Nous demandons de réduire le désendettement de la collectivité afin de soutenir la population du Maine-et-Loire et d’anticiper une très large crise sociale », assure Grégory Blanc, à qui ce budget laisse l’impression « qu’il n’y a pas eu de crise ». Son groupe souhaite aider les structures spécialisées dans la dépendance à hauteur d’un million d’euros. Et verser une prime aux salariés de l’aide à domicile. « Ils étaient aussi en première ligne et ont mis leur santé en danger. Ça correspond à 1 500 équivalents temps plein en Maine-et-Loire. Ça coûterait 1,5 million d’euros au Département. On va déposer un amendement lundi à ce sujet. »
Christian Gillet y est opposé. « C’est à l’État de prendre en charge cette prime. » Le président du département estime même plutôt la note à 4 millions d’euros « si on devait compter tous ceux qui peuvent y prétendre, aides à domicile, résidences autonomie et maisons d’enfants à caractère social ». En revanche, il se dit prêt « à accorder des augmentations raisonnables, jusqu’à 10 %, pour améliorer l’attractivité de ces métiers ».