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Maine-et-Loire. Le Département se prépare « à un budget de crise »... |
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Christian Gillet, président du conseil départemental du Maine-et-Loire. L’assemblée se réunit lundi © Sébastien AUBINAUD
La collectivité est confrontée à son lot de dépenses imprévues liée au coronavirus, et devra faire une pause dans sa course au désendettement.
Dix membres de la majorité, quatre de la minorité. Le tiers de l’assemblée habituelle. Le conseil départemental du Maine-et-Loire se réunit lundi, en petit comité, et avec la distance requise, pour la première fois depuis le confinement.
Une date choisie pour officialiser la participation de la collectivité au fonds Résilience, destiné à soutenir les petites entreprises. Le conseil départemental devrait contribuer à hauteur d’1,63 million d’euros à cette cagnotte, qui servira à aider en urgence « les entreprises de dix salariés maximum, qui ont des problèmes de trésorerie, et qui bénéficieront d’une avance sans intérêt », rappelle Christian Gillet, président (divers droite) du conseil départemental.
Dépenses imprévues
Ce soutien est un exemple, parmi d’autres, de la multitude de dépenses « nouvelles » qu’impose la crise du coronavirus. Et que Christian Gillet estime à « près de dix millions d’euros », au total. À commencer par ce million d’euros qui a servi à l’achat de masques (pour les Ehpad et centres médico-sociaux). « Nous participerons également à l’achat de masques par les collectivités pour toute la population, à hauteur de 400 000 € ».
Le Département va également devoir tenir compte des « loyers impayés dans les logements sociaux, qui ont augmenté de 50 % au mois de mars ». La raison est simple : les revenus des bénéficiaires ont baissé, leurs dépenses liées à l’alimentation ont, elles, explosé. « Nous envisageons de participer à un fonds d’aide pour le paiement de ces loyers ».
Et la création de fonds sociaux départementaux proposée par la minorité emmenée par Grégory Blanc ? « On assumera nos responsabilités, pas besoin d’un fonds spécial », balaie Christian Gillet.
Budget de crise en juin
Plus de dépenses d’un côté. Moins de rentrées d’argent de l’autre : les transactions immobilières, qui avaient rapporté près de 116 millions d’euros à la collectivité l’an dernier, sont quasiment gelées. « On va tabler sur 80 millions, ce qui est sans doute encore optimiste. Cette année, contrairement à ce que j’espérais, nous n’allons pas poursuivre le désendettement de la collectivité. »
La traduction chiffrée de cette nouvelle donne prendra forme en juin : le Département se penchera sur ce que Christian Gillet appelle déjà un budget de crise. « Car la crise économique puis la crise sociale, suivront la crise sanitaire ».