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Maine-et-Loire. Chats et chiens au chevet des étudiants dans les BU d’Angers... |
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Maine-et-Loire. Chats et chiens au chevet des étudiants dans les BU d’Angers
Novatrices et expérimentales, les séances de médiations animales proposées aux étudiants par les bibliothèques universitaires d’Angers ont fait le plein. De poils et de bienveillance.
La BU, c’est pas fait pour les chiens ! Ni pour les chats d’ailleurs et peut-être encore moins pour ces rongeurs de cochons d’Inde. Sauf à la bibliothèque universitaire d’Angers, une BU qui a décidément du chien dès qu’il s’agit d’innover pour le bien-être des étudiants. Mais pas façon gadget. Ni bêtes de foire.
Après avoir été – et est toujours – la BU la plus ouverte de France en termes d’amplitude horaire – 91 heures par semaine dont le dimanche de 13 h à 20 heures -, après avoir été la BU de la sieste, de la pause thé et du massage de mains, Angers est devenue la première BU de France proposant de la médiation animale à ses étudiants. Une activité très courante dans les universités de Canada en période d’examens.
Fin de séance ce soir. Après un début chargé, l'opération étant victime de son succès, c'est tout doux, tout calme, personne n'a envie de partir. Il se passe quelque chose : je crois que des étudiants se sentent bien dans la BU et ne s'obligent pas à être là . pic.twitter.com/HpLW7z9pXk
— Nathalie Clot (@NaCl2) December 11, 2019
L’expérience, qui s’est déroulée depuis le 13 novembre à Saint-Serge comme à Belle-Beille, est née d’un poisson d’avril de la directrice des BU, Nathalie Clot. Sur Twitter, elle avait posté que la bibliothèque entraînait un lapin pour des séances de médiation animale. Les étudiants l’ont crue. Six mois plus tard, elle montait l’opération avec l’association des Museaux pour des maux. L’objectif : offrir un moment privilégié et bienveillant susceptible de combler une certaine solitude et de faire baisser le stress. « Je pensais que ça serait fun et sympa mais je n’avais pas imaginé que ça serait aussi profond. La bibliothèque, ce sont des livres, évidemment, mais c’est aussi les gens qui la font »
, se félicite Nathalie Clot.
Pas le même lâcher-prise suivant l’animal
Proposées par quatre médiatrices animales professionnelles, les dix séances ont cartonné. Avec la chienne golden retriever Zayonne, son comparse cavalier king-charles Nova, le spitz nain Birdy ou les chats ragdol, Gepetto et Rosie. Il y a eu jusqu’à deux cents demandes sur certaines séances et la queue (du chat) dans la BU. « On ne travaille pas les mêmes choses suivant les animaux. Le chat invite plus à un lâcher-prise de détente alors que le chien favorise le lâcher-prise autour de la parole »
, explique Lucile Civel, zoothérapeute et fondatrice de Des Museaux pour des maux. « Les étudiants sont souvent loin de chez eux et on les a un peu ré-ancrés dans quelque chose de familier »
, estime Nathalie Clot.
90 % des étudiants qui ont bénéficié d’une ou plusieurs séances possèdent un chien et un chat qui est évidemment resté vivre dans la maison familiale. C’est le cas d’Alesandra, en deuxième année de licence de sciences, qui a suivi trois séances de médiation animale. « C’est une petite pause. Ça calme, ça relaxe et je reprends le travail plus concentrée. J’adore les chats mais j’ai laissé le mien chez mes parents »
, dit la maîtresse de Bysya.
En troisième année de biologie, Lola, Margaux et Marion ont carrément repoussé leur départ en vacances, ce vendredi 20 décembre, pour « s’offrir » une ultime séance avec Nova et Zayonne. « On voulait être apaisées, relâchées avant les partiels puis avant les vacances »
, disent les trois étudiantes. Une médiation vraiment au poil, donc.