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Maine-et-Loire. Budget : un Département « satisfait », mais pas trop... |
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Le conseil départemental se réunit ce lundi 3 et jusqu’à mardi 4 février pour débattre et voter, notamment, le budget 2020. © Sébastien AUBINAUD
Le conseil départemental se réunit lundi et mardi pour voter son budget 2020. Plus ambitieux en matière d’investissement. Mais déjà inquiet pour 2021.
Une enveloppe de 733 millions d’euros.
Voilà la « taille » du futur budget du Département pour 2020. Le conseil départemental va en débattre ce lundi 3 et mardi 4 février au matin et détailler les choix de ce dernier exercice complet, avant les prochaines élections départementales de 2021.
En attendant, le résultat « satisfait » déjà Christian Gillet, président (divers droite) de la collectivité. Non pas qu’il soit révolutionnaire. Mais au-delà des 619 millions pour le seul fonctionnement – dont 418 pour les solidarités, principale compétence de la collectivité – ce budget est censé marquer sa différence en matière d’investissement, avec une enveloppe de 81,2 millions d’euros. « 15 % de plus que l’an dernier ».
Cet effort, déjà annoncé en fin d’année doit profiter aux collèges et aux routes : 22, 10 M€ pour les premiers (dont la reconstruction des Roches à Durtal) et 31 millions pour les secondes. Le tout sans augmenter la dette, que le président s’échine à résorber depuis son arrivée à la tête du conseil départemental en 2015. « C’est le dernier budget qui va permettre d’accélérer ces investissements », se félicite Christian Gillet, ajoutant que, « pour la 3e année consécutive, nous n’augmentons pas le taux des taxes foncières ».
Gare à 2021
Un levier fiscal que le Département fait le choix de ne pas utiliser. Et qu’il ne pourra plus jamais actionner. « À compter de 2021, les ressources financières des Départements ne proviendront plus de la taxe foncière mais d’une fraction de la TVA encaissée par l’État et calculée sur l’année précédente », rappelle-t-il.
Certes, mais il pourra compter sur l’insolente santé de l’immobilier en Anjou, qui a permis à la collectivité d’encaisser 115 millions de frais de notaire (ou droits de mutation) en 2019. 18 millions de plus qu’en 2018, le précédent record.
Oui, mais… prudence. « Il y a un léger frémissement à la baisse. Il y a moins de transactions ces derniers temps », tempère Christian Gillet. Une façon de rappeler qu’il ne souhaite pas dépendre de ces rentrées d’argent très versatiles.
Pour Grégory Blanc, à la tête du groupe de gauche, le compte n’y est pas. « Si les résultats sont aussi bons, c’est principalement dû aux reports d’investissement, en moyenne 20 millions d’euros non réalisés. C’est donc de l’argent que vous ne dépensez pas, qui n’est pas investi pendant l’année prévue. » Et qui vient gonfler l’enveloppe de l’année suivante. Il invite la majorité « à profiter des taux d’intérêt encore bas » pour investir « dès à présent plutôt que de reporter à demain ». Notamment dans les collèges. « Je rappelle que, dans ce domaine, le Maine-et-Loire est dans les cinq derniers départements de France en matière d’investissement depuis sept ans ».