|
Maine-et-Loire. Le Département veut investir deux fois plus dans les collèges publics... |
1
Le conseil départemental du Maine-et-Loire se réunira lundi 9 décembre. © Sébastien AUBINAUD
C’est l’une des priorités du budget 2020, dont les orientations doivent être discutées lundi 9 décembre. Une enveloppe de 23,2 millions d’euros est annoncée.
Du simple au double. Ou presque. Le Département (Maine-et-Loire) devrait réserver une enveloppe de 23,2 millions d’euros pour investir dans les collèges publics en 2020. Une augmentation de… 87 %. En ligne de mire, « la reconstruction du collège Les Roches à Durtal, la restructuration des collèges Jacques-Prévert à Châteauneuf-sur-Sarthe et Paul-Éluard à Gennes, mais aussi des engagements de travaux conséquents aux collèges Georges-Pompidou à Champtoceaux, Camille-Claudel au Louroux-Béconnais, Molière à Beaufort-en-Vallée et Lucien-Millet à Doué-la-Fontaine », énumère Christian Gillet, président (divers droite) du Département.
20 % d’investissement en plus
Deux mois après un débat nourri entre la majorité départementale et le groupe de gauche, sur ce même sujet – en réaction au fait que le conseil venait de réserver un million d’euros aux monuments en péril – cette enveloppe renflouée est une façon, pour Christian Gillet, d’annoncer un changement de braquet. « J’ai toujours dit que le désendettement était la condition sine qua non avant l’investissement. Cet effort a été fourni. La dette du Département est passée de 453 millions d’euros à 375 millions d’euros. Nous allons donc relancer l’investissement. »
Ce sera à hauteur de 80,7 millions d’euros. Une augmentation de 20 %. 31 millions d’euros iront à la modernisation des axes routiers. Cette bonne marge de manœuvre financière doit beaucoup au marché immobilier. En Anjou, il a généré des rentrées d’argent exceptionnelles, via les frais de notaire : « 110 millions en 2019. Ça a doublé en l’espace de cinq ans. »
Un trésor précieux, mais qui n’est pas garanti d’une année sur l’autre. Est-ce, pour autant, la fin du serrage de ceinture ? Loin s’en faut. Lundi 9 décembre, le conseil départemental évoquera les grandes lignes d’un budget qu’il n’aura à approuver qu’en début d’année prochaine. En attendant, certaines incertitudes financières demeurent.
Nouvelles contraintes
Parmi elles, le résultat définitif de l’exercice 2019. Le Département s’est engagé à ne pas augmenter ses dépenses de fonctionnement de plus de 1,2 %. Dans le cas contraire, l’État tapera au portefeuille. « On a réussi en 2018, avec 1,14 %. Cette année, on est sur la tangente. »
Dans le même temps, le service départemental d’incendie et de secours du Maine-et-Loire demande « un million d’euros pour équilibrer son budget de fonctionnement en 2020 ».
Enfin, c’est le flou en matière de rentrées fiscales : en 2021, la part départementale de la taxe foncière sera reversée aux communes. « Ce manque à gagner sera compensé par une part de TVA dont on ne sait pas grand-chose. Il est donc possible que nous n’ayons plus de leviers. » Sauf à augmenter, pour la dernière année, ce taux d’imposition de la taxe foncière. Comme en février 2017. « L’objectif est de ne pas le faire », assure Christian Gillet, qui, en politique expérimenté, prépare néanmoins le terrain pour cette option.
Qu’en dit l’opposition ? « Pas grand-chose » , admet Grégory Blanc, chef de file de la minorité, pour qui ce débat d’orientations budgétaires, lundi, n’aura de débat que le nom. « On ne nous a transmis aucun chiffre, pas plus que le programme détaillé des investissements. À quoi bon organiser un débat si on ne peut pas avoir ces informations ? On les a demandées au président, on a écrit au préfet. En vain. »