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Liban : quatorze morts dans l’effondrement d’un immeuble, les opérations de recherches sont terminées... |
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Les services de secours libanais poursuivent les opérations de recherche après l’effondrement d’un immeuble à Tripoli (nord), le 8 février 2026. © Houssam SHBARO / ANADOLU VIA AFP
L’effondrement d’un immeuble dimanche à Tripoli, dans le nord du Liban, a fait quatorze morts, selon le chef de la Défense civile. Les opérations de recherche sont terminées. Selon Amnesty International, « des milliers » de Libanais vivent dans des bâtiments à risque.
Quatorze personnes sont mortes dans l’effondrement d’un immeuble à Tripoli (nord du Liban) où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi 9 février 2026 le chef de la Défense civile, cité par l’Agence France-Presse (AFP).
Il s’agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines à Tripoli, ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.
22 personnes à l’intérieur
À l’issue d’une réunion d’urgence du gouvernement, le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé lundi que les autorités ont pris un certain nombre de mesures, dont l’évacuation au cours du prochain mois de 114 immeubles menaçant de s’effondrer dans cette ville pauvre.
Il a précisé que les familles évacuées recevraient une allocation logement pendant un an, tandis que la Haute commission de secours libanaise va commencer à renforcer les structures existantes, et réaliser un inventaire des immeubles, a-t-il assuré.
Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l’intérieur au moment de l’effondrement.
Huit résidents ont été secourus mais « malheureusement 14 personnes sont décédées », a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.
« Négligence »
« Nous déclarons Tripoli ville sinistrée » en raison de l’insécurité de ses bâtiments, a annoncé le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh.
Le président libanais Joseph Aoun a demandé la mobilisation de tous les services d’urgence pour fournir notamment « un abri aux résidents de l’immeuble ainsi qu’à ceux des bâtiments voisins qui ont été évacués », a indiqué son bureau dans un communiqué.
Le Premier ministre Nawaf Salam a pour sa part dénoncé dans un communiqué une « catastrophe », qu’il a attribuée à « de longues années de négligence accumulée ».
Fin janvier, un autre immeuble de Tripoli s’était effondré, causant des morts.
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De nombreux bâtiments à risque
Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d’immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.
En 2024, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que « des milliers de personnes » vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d’un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.
Elle précisait que la crise économique persistante privait « les habitants des moyens de financer des réparations ou un autre logement » et exhortait les autorités à « évaluer d’urgence la sécurité des bâtiments dans tout le pays ».