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Les greniers Saint-Jean, à Angers, témoins de l’architecture hospitalière du Moyen Âge... |
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Les greniers Saint-Jean, à Angers (Maine-et-Loire). © Ouest-France
Implantés au cœur de la Doutre, les greniers Saint-Jean font partie d’un site emblématique d’Angers (Maine-et-Loire) : celui de la plus ancienne cité hospitalière ayant été en activité en France.
« Prosper Mérimée s’est émerveillé devant cette grange, en 1836 », raconte Nicolas Dufétel, adjoint en charge de la culture à la ville d’Angers (Maine-et-Loire). La grange en question ? Les greniers Saint-Jean, l’un des plus beaux témoins de l’architecture hospitalière médiévale. Un monument qui se trouve à deux pas de l’ancien hôpital Saint-Jean, qui abrite aujourd’hui le musée Jean-Lurçat, dans le quartier de la Doutre.
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L’élu décrit ces greniers comme « inséparables de l’hôpital Saint-Jean ». Hôpital qui a été fondé, sous le patronage d’Henri II Plantagenêt, par le sénéchal d’Anjou Étienne de Marsai, vers 1175. L’ensemble était décrit comme la « maison de Dieu et des pauvres » et pouvait « donner asile à quelque 500 malades, à deux ou trois par lit ».
Sur les vestiges d’un cimetière
Les greniers de l’hôpital Saint-Jean sont construits un plus tard, en 1188, sur les vestiges du cimetière Saint-Laurent, et s’étendent sur deux niveaux avec des caves et, au dessus, les greniers. Ce bâtiment, qui servait au départ à stocker des provisions, a connu diverses fonctions au fil de temps – il a par exemple servi de grenier à blé au XIVe siècle, avant qu’une épidémie de peste impose d’y loger des malades.
En novembre 1874, la salle des malades accueille un musée archéologique. Puis le bâtiment devient salle de concert et brasserie et on y trouve même un musée du vin, ouvert en 1932 dans les caves, sous l’impulsion de Charles Urseau, conservateur du musée archéologique, mais aussi historien, prêtre du diocèse d’Angers et chanoine titulaire de la cathédrale d’Angers.
« Beauté de la charpente »
Les greniers, classés aux Monuments historiques en 1914, font ensuite office de salle des fêtes, à partir de 1954. Puis une grande restauration du bâtiment est entreprise de 1992 à 1994, selon les plans de l’architecte en chef des Monuments historiques. « Lorsque l’on entre à l’intérieur, on se rend compte de la beauté de la charpente », estime l’adjoint à la culture.
À noter que des travaux vont débuter en 2025 pour rénover la chapelle Saint-Jean, qui date elle aussi du XIIe siècle et qui se trouve à l’arrière du musée Jean-Lurçat. Au terme du chantier, il sera de nouveau possible d’y accéder. « Il faut prendre conscience de la beauté et de l’histoire de ce lieu que l’on fréquente souvent », conclut Nicolas Dufétel.
Samedi 16 septembre, de 14 h à 18 h, et dimanche 17, de 14 h à 17 h, visite commentée des caves et du musée des Vieux Pressoirs, avec une exposition d’affiches, dans le cadre des Journées du patrimoine, aux greniers Saint-Jean, place du Tertre-Saint-Laurent. Gratuit.