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Les eurodéputés valident l’accord douanier avec Donald Trump, alors qu’il avait été annulé par la justice américaine... |
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Des drapeaux européens devant le siège de la Commission à Bruxelles. © AFP
Ce jeudi, le Parlement européen a voté en faveur de l’accord commercial signé entre l’UE et les États-Unis le 15 juillet 2025.
Les eurodéputés étaient les plus énervés par l’accord de Turnberry de juillet 2025, parlant à l’époque de « capitulation » d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, face au président américain Donald Trump. Ils l’ont pourtant voté (417 voix pour - 154 contre) ce jeudi 26 mars 2026 lors de la mini-session plénière à Bruxelles.
L’accord conclu en Écosse l’année dernière imposait des droits de douane de 15 % sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis. Mais la Cour suprême américaine a déclaré illégaux, le 20 février dernier, une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump, dont ceux de 15 % frappant l’Union européenne depuis l’été dernier. Avec ce vote, les eurodéputés entérinent pourtant l’accord initial à 15 %.
Rétablir une forme de sécurité juridique
Certes, ils le trouvent toujours aussi injuste. Mais tout le monde a peur de Tariff Man, le surnom acquis par Donald Trump après ses annonces douanières surprises d’avril 2025. Le PPE (droite) pousse pour qu’on adopte ce traité commercial et rétablir une forme de sécurité juridique pour les entreprises du continent. Ils estiment aussi avoir inclus suffisamment de garanties avec une clause qui suspendrait immédiatement ces « préférences tarifaires » si les États-Unis introduisaient de nouveaux droits de douane ou s’ils ne levaient pas ceux sur les produits dérivés de l’acier. Une position partagée, certes avec moins d’entrain, par les autres grands groupes pro-européens, les libéraux de Renew et les sociaux-démocrates du S & D. Les plus embêtés sont les alliés d’extrême droite de Donald Trump car ils ne veulent pas amoindrir leurs bonnes relations avec le président populiste américain. Du côté de la gauche radicale, The Left, une motion avait été déposée pour repousser le vote (435 contre, 137 pour).
L’accord n’entre pas pour autant en vigueur après ce vote. Il ouvre en fait la voie à des négociations interinstitutionnelles entre États membres, Parlement et Commission, qui pourraient débuter dès le 13 avril. Malgré cette volonté de ne pas déplaire au président américain, les Européens ont adopté une stratégie de diversification de leurs relations économiques. Cela les a poussés à signer des traités de libre-échange avec le Mercosur (cinq pays sud-américains) et cette semaine avec l’Australie.