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« Je ne suis jamais partie »: à 88 ans elle raconte ses souvenirs d’écolière dans ce village d’Anjou... |
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Annick Chauveau et les photos anciennes des classes de l’école Notre-Dame de La Bohalle (Maine-et-Loire). © Ouest-France
L’école privée de La Bohalle (Maine-et-Loire) va célébrer ses 150 ans le vendredi 20 juin 2025. Un temps fort que ne manquera pas l’ancienne élève Annick Chauveau, 88 ans. Elle a passé onze ans au sein de l’établissement scolaire.
À bientôt 88 ans, Annick Chauveau se souvient de tout. Native de La Bohalle (Maine-et-Loire), fille d’agriculteurs, elle a fréquenté cette école durant toute sa scolarité, de 1940 à 1951, jusqu’à l’année du certificat d’études primaires comme sa sœur. (Ses frères, son mari et son père sont allés à l’école des garçons à partir de 7 ans).
« Je suis l’aînée de quatre enfants, deux filles avant la guerre, deux garçons après ; née au lieu-dit le Carrefour, je ne suis jamais partie, je n’ai jamais quitté La Bohalle et j’ai habité dans cinq maisons différentes. »
Au fil des années, les photos de classe ont été conservées, intactes, des souvenirs précieux pour l’exposition photos que les organisateurs présenteront lors de l’événement anniversaire.
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Chacune de ces photos est accompagnée des noms des élèves, des noms de famille bien connus dans cette petite commune ligérienne. « C’est mon mari Robert qui notait ces noms à l’occasion des fêtes d’école. » La plus ancienne photo remonte à 1908 et sur les plus récentes on y retrouve ses enfants, qui ont pris le relais dans cette même école.
L’école a été construite en 1875. C’est l’abbé Tranchant (à l’origine de la chapelle de la Salette) qui a choisi l’emplacement rue du Bas-Chemin pour construire une école libre.

Photo souvenir, avant et après. Ouest-France
« J’ai vérifié auprès des archives diocésaines d’Angers, puis j’ai rencontré les filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus, congrégation de La Salle-de-Vihiers. Sœur Bernadette, archiviste de la congrégation, m’a raconté l’histoire », explique Amélie Pasquier, directrice actuelle de l’école.
En 1883, l’abbé Tranchant a demandé que les sœurs reprennent l’école. Ce sont elles qui ont donné le nom à cette école. Puis elles en sont parties en 1965.
« À l’origine c’était l’école maternelle (filles et garçons jusqu’à 7 ans) et l’école des filles. À proximité (rue de la Sablonnière), il y avait l’école des garçons, avec au départ, Prosper Amiot, celui qui a fait le rideau de la salle du patronage ! », raconte Annick Chauveau.
Puis les deux écoles ont fusionné en 1968
« Ce que je garde aussi en mémoire, c’est cette année de guerre. Avec Mireille et Madeleine, on avait huit ans. Par manque d’effectifs, nous sommes restées en maternelle et n’avons pu intégrer l’école des grands que l’année suivante. »
Ce qui l’a aussi marquée, c’est d’être restée, à l’âge de 13 ans, un mois sans aller à l’école. « Mon père s’était cassé la cheville et il fallait que je donne un coup de main. »

L’école Notre Dame de La Bohalle Ouest-France
L’événement festif qui aura lieu vendredi 20 juin 2025 sera marqué par toute une symbolique et des surprises pour les 300 personnes attendues dans l’enceinte de l’école. Au programme, une célébration sous l’office de l’évêque d’Angers Monseigneur Delmas et de l’Abbé Gautreau, en présence de Philippe Trillot directeur diocésain sera suivie de la bénédiction du nouveau logo de l’école.

Devant l’école, Annick Chauveau et Amélie Pasquier, directrice. Ouest-France
« Pour préparer cette soirée, nous avons organisé une rencontre intergénérationnelle. Annick Chauveau, est venue témoigner avec d’autres anciennes élèves, Hélène Gidouin (autrefois enseignante dans l’école) et Elisabeth Guéret. Les enfants, captivés, avaient préparé leurs questions », complète Amélie Pasquier.