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Législatives. Philippe Bolo peut-il être inquiété dans la 7e circonscription de Maine-et-Loire ?... |
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Huit candidats se présentent au premier tour des élections législatives dans la 7e circonscription de Maine-et-Loire (Angers-Segré) : Sandrine Boullais-Challier (LR), Clémence Lacaud (RN), Céline L’Huillier (LO), Régis Crespin (Debout la France !), Philippe Bolo (MoDem), Valérie Gorioux (Reconquête !), Guillaume Jouanneau (Nouveau Front populaire, PS) et Raphaël de la Salmonière (divers droite). © Ouest-France
Élu inattendu en 2017 dans la 7e circonscription de Maine-et-Loire (Angers-Segré), Philippe Bolo (MoDem) avait confortablement été reconduit dans ses fonctions en 2022. Mais le centriste, membre de la majorité présidentielle, pourrait être davantage chahuté lors de ces élections législatives de l’été 2024. Analyse à quelques jours du premier tour, le dimanche 30 juin.
Successeur inattendu de Marc Laffineur en 2017, avec 62,42 % des voix au second tour, puis réélu confortablement en 2022 avec 55,56 % des suffrages exprimés, Philippe Bolo (MoDem) réussira-t-il la passe de trois à l’occasion de ces élections législatives 2024 ? D’aucuns s’imaginent qu’il n’a guère de souci à se faire. C’est probablement aller un peu vite en besogne.

En 2022, le député Philippe Bolo l’avait emporté dans la septième circonscription de Maine-et-Loire. Infographie Ouest-France
La donne a en effet considérablement changé en l’espace de deux ans. Le fait d’être membre de la majorité présidentielle n’est plus un atout incontestable. Lorsqu’il a officialisé sa candidature, non sans avoir hésité durant 48 heures, le centriste a d’ailleurs quelque peu pris ses distances, évoquant « une indépendance désormais » quand la situation l’exigera. En résumé : il ne se coupe pas du camp macroniste mais ne le suivrait pas systématiquement.
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Les nouveaux électeurs du RN confirmeront-ils leur vote ?
Deuxième nouveauté dans le décor, la montée en puissance du Rassemblement national. Les chiffres des élections européennes le traduisent. Là où le RN avait recueilli 15,09 % aux législatives de 2022 dans la 7e circonscription (contre 8,66 % en 2017), il a bondi à plus de 25 % le 9 juin dernier. « On a fait un très bon score mais pas un 30 % qui nous aurait vraiment confortés, estime Clémence Lascaud, la candidate RN. C’est un résultat encourageant mais on n’est pas à l’abri d’un changement. »
Ce qui soulève une autre question au passage : quid du comportement des électeurs lors de ces législatives ? Ceux-ci s’y détournent parfois de leur vote national pour accorder leur voix à un candidat connu localement. En sera-t-il de même cette fois dans un contexte de forte contestation du pouvoir ?
Absents en 2022, Les Républicains seront au départ
Autre différence avec le scrutin de 2022 : la présence d’une candidature des Républicains. Celle-ci est portée par Sandrine Boullais-Challier. Arrivée sur la scène politique segréenne en 2020, elle y jouit d’une certaine notoriété eu égard à son parcours professionnel. « Je m’inscris comme une alternative crédible entre les deux blocs extrêmes » , souligne-t-elle, se présentant ainsi comme adversaire à Philippe Bolo.
À gauche, le NFP a les mains libres
À gauche, la donne est inverse. Si en 2022 un candidat Écologie au centre s’était présenté sur la ligne de départ et avait récolté 3,44 % des voix, il n’en sera rien cette fois. Guillaume Jouanneau (PS, Nouveau front populaire), qui avait recueilli 30,32 % au premier tour voilà deux ans, peut donc légitimement espérer augmenter ce score. « La priorité est de redonner un peu le goût de la politique et de montrer que tout le monde n’est pas pourri jusqu’à la moelle, confie sa remplaçante Marie Fortin (Europe écologie Les Verts). On a gardé nos convictions, on n’est pas des girouettes. »
Quant aux quatre autres candidats – Céline L’Huillier (Lutte ouvrière), Régis Crespin (Debout la France !), Valérie Gorioux (Reconquête !), Raphaël de La Salmonière (Divers droite) – à défaut de jouer les premiers rôles, ils pourraient peser dans un premier tour empli d’incertitudes.