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Le syndicat CFDT ouvre un siècle d'archives !... |
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Thierry Mouchard, secrétaire adjoint de la CFDT, présente un agrandissement qui date des années 1970. On y voit une tribune « historique » avec Jean Monnier, qui deviendra maire d'Angers, et Edmond Maire, alors secrétaire national.
Quelque 1 400 cartons ont pris le chemin des archives départementales, à Angers. Un siècle d'histoire sociale défile avec grèves, conflits du travail, témoignages et rares photos.
L'histoire
Les cartons s'empilent, devant l'entrée de l'union départementale CFDT, à la Bourse du travail d'Angers. Deux « déménageurs » s'activent pour les emmener aux archives départementales, rue de Frémur.
« Nous avons récupéré 140 mètres de linéaire, explique Lydia Dosso, attachée de conservation, chargée des archives privées. Cela représente quelque 1 400 cartons contenant, chacun, 500 pages. C'est considérable ! »
À plus d'un titre. La CFDT est la première organisation syndicale à transférer ainsi ses archives. « C'est très rare, en France, surtout au niveau local, confirme Élisabeth Verry, directrice des archives départementales. Nous assistons à une prise de conscience des organisations syndicales. Elles se rendent compte que ce passé social peut devenir historique. Les services publics y trouvent un véritable intérêt, pour la recherche en histoire locale et nationale. »
« Nous n'avons rien à cacher »
Les premiers documents datent de 1909, sachant que la création officielle de la CFTC remonte à 1919. « Nous voyons des sections, essentiellement composées d'employés, s'affilier à des mouvements nationaux. »
Danielle Thouin rappelle que la CFTC s'est constituée en opposition complète à la CGT communiste. « On suit toute l'évolution de l'histoire syndicale, de ses formes d'organisation, dans une continuité assez exceptionnelle », se réjouit Élisabeth Verry.
Tout y passe : les adhésions, les finances, les congrès, les relations avec les autres syndicats, les rapports avec les municipalités, sans oublier la partie revendicative « particulièrement intéressante ». Les affaires qui passent devant les prud'hommes montrent l'évolution des droits en matière de salaire, de conditions de travail, de licenciements.
Ce « trésor », conservé par des militants particulièrement soigneux, est désormais classé et sauvegardé. Il est à la disposition des chercheurs, des historiens, des étudiants, mais aussi de tout un chacun. Seule restriction : un délai de 50 ans, prévu par la loi, pour les affaires privées.
« Pas question de tout étaler sur la place publique », prévient Lydia Dosso. « Nous n'avons rien à cacher, précise Danielle Thouin, qui en tient compte. Notre mouvement est ouvert et transparent. » À d'autres syndicats de suivre l'exemple.