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Le Château de Challain, une initiative de Louise Ida de la Potherie... |
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Louise Ida de La Potherie et son mari Albert De la Rochefoucauld-Bayers ont fait construire le joyau néogothique de Challain-la-Potherie. © Collection particulière
Si Challain-la-Potherie peut s’enorgueillir de son château néogothique au milieu du bourg, la commune le doit à la femme qui l’a fait construire, et qui y a ajouté d’autres éléments, comme la Porterie, la Tour Monplaisir.
Au milieu du village depuis 1848, l’imposante bâtisse est aujourd’hui la propriété de la famille Nicholson. Des Américains qui y ont créé des chambres d’hôtes, et y organisent des somptueux mariages.
Grâce à ce château, la commune s’est taillé un nom. De style néogothique, il est le plus impressionnant monument de ce style de l’Anjou. On lui a attribué le nom de Petit Chambord avec ses six étages, ses 47 mètres de haut, ses quatre tours et ses cheminées sculptées. La conception et la réalisation de cette demeure ont longtemps été attribuées à René Hodé, architecte local, né à Marans, près de Segré en 1811 »,
explique Nicolas Delaunay, historien local qui connaît parfaitement le lieu.
Qui a été véritablement le concepteur de ce joyau architectural ?

Aujourd'hui, près de 175 ans après sa naissance, au centre du village, le château de Challain est le théâtre de réception de somptueux mariages. Ouest-France
Il explique. Des études ont montré que c’était Louis Visconti, personnage illustre, architecte en chef de Napoléon III, qui a construit entre autres, le tombeau de l’empereur Napoléon 1er aux Invalides qui a conçu les plans de Challain. René Hodé n’en a été que l’exécutant. La véritable marraine est Louise Ida de la Potherie, née en 1807, la propriétaire des lieux qui s’est mariée en 1827 à Albert de la Rochefoucauld-Bayers. Elle avait hérité de la propriété de son père en 1847 .
Ils auront deux enfants, Henri et Marie. C’est elle qui fait construire le château à partir de 1848. Il sera achevé en 1854. Ida devenue veuve en 1854, a poursuivi l’œuvre de construction. Elle y fera ajouter l’Orangerie , construite en 1866, qui existe toujours. On y accédait par un souterrain depuis la tour Monplaisir. Elle était doublée d’une grande serre.
C’est la plus spectaculaire édifiée en Anjou
La devise de la famille « C’est mon plaisir » couronne toujours la façade. Autour du château, des communs (anciennes écuries), construits en 1859, très imposants, 40 mètres de long sur 10 de profondeur, des dépendances constituées d’un pavillon central et de deux ailes en retour d’équerre.
La Porterie, l’entrée principale du château, sera bâtie en 1882. C’est la plus spectaculaire édifiée en Anjou. Constituée de deux tours massives, crénelées et à mâchicoulis, hautes de 16 mètres, elles embrassent la place centrale du village.
Sur la route de Loiré, vous découvrirez outre la splendide façade du château, le très joli parc, et la tour Monplaisir qui constitue la seconde entrée du château. C’est un plan carré, avec quatre tourelles en encorbellement appelées échauguettes.
Un splendide pavillon en bois avec embarcadère

Au bord de l'Orangerie, un pavillon en bois servant de salon de thé, et son embarcadère, existait jusque dans les années 1960. Il reposait sur l'eau de l'étang du château. Carte postale collection particulière
Sur la chaussée qui sépare le château de l’étang était érigé un moulin à eau daté de 1404, reconstruit en 1450. Il servait à moudre le blé.
En poussant la balade un peu plus à l’est, on s’attarde sur une statue restaurée en 2016. Celle de la Vierge à l’enfant datant de 1882, et ce qui semble être les vestiges d’une arche. Il n’en est rien, il s’agit de fausses ruines ou de ruines artificielles, comme des témoignages d’un âge d’or de l’Europe médiévale que l’on commémore
. Sur l’eau, au bord de l’Orangerie existait jusque vers les années 1960, un splendide pavillon en bois avec embarcadère, le seul en Anjou. C’était un endroit où la comtesse de la Rochefoucauld et ses dames de compagnie prenaient leur thé les après-midi
, commente Nicolas Delaunay. Le domaine de la Potherie, a été l’une des plus grandes créations privées en France au XIXe.