Accueil Info Info Pays de la Loire Le « bonus réparation » pour les vêtements et chaussures est lancé ce mardi : comment en profiter ?

Le « bonus réparation » pour les vêtements et chaussures est lancé ce mardi : comment en profiter ?

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Laura Paul, gérante de la boutique Rapide’Couture à Nantes qui a participé à l’expérience test. © Franck Dubray, Ouest-France

Faire ressemeler ses chaussures, réaliser une couture… Pour réduire les déchets de la filière textile, l’État fait baisser la facture du raccommodage grâce à un coup de pouce financier. Mais les nouvelles démarches pourraient décourager les artisans.

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« L’expérience a été concluante », s’enthousiasme Laura Paul, gérante de l’enseigne Rapide’Couture à Nantes, à propos du nouveau « bonus réparation ». L’éco-organisme Refashion, qui pilote le dispositif pour l’État, avait sélectionné sa boutique pour le bonus avant son lancement officiel ce mardi 7 novembre 2023.

Ce nouveau coup de pouce vise à inciter les Français à remettre en état leurs pantalons troués, blousons aux fermetures éclair cassées et autres chaussures usées en baissant le coût de la réparation. « L’initiative a été très bien accueillie par le public, constate Laura Paul. Nous avons vu un afflux de nouveaux clients et nos habitués nous ont apporté plus de pièces à réparer. On a sauvé de nombreux vêtements. »

C’est tout l’enjeu du dispositif qui, concrètement, vise à augmenter de 35 % le nombre de réparations d’ici à 2028 (par rapport à 2019). Pour cela, les aides forfaitaires vont de 6 à 25 €. Par exemple, pour le rapiéçage d’un pantalon troué, le coup de pouce atteint 7 €. La facture passe ainsi « de 12 € à 5 € pour le client qui n’a, en plus, aucune démarche à faire », précise Laura Paul. Les cordonniers sont également concernés, avec par exemple le ressemelage d’une chaussure en cuir pris en charge à hauteur de 25 €.

Les clients peuvent bénéficier d’autant de « bonus réparation » qu’ils le souhaitent. En revanche, le montant de la ristourne ne doit pas excéder 60 % du coût de la réparation. Autre limite : les sous-vêtements et le linge de maison sont exclus tout comme les gestes qui ne visent pas spécifiquement à réparer un bien, comme les retouches ou l’upcycling (récupérer toutes sortes de matériaux dont on ne se sert plus pour créer des objets ou produits de qualité supérieure).

« Si c’est trop long et compliqué, je ne suis pas certaine de le faire »

Par ailleurs, seuls les ateliers de couture et les cordonniers labellisés par l’éco-organisme Refashion sont éligibles. Les boutiques indépendantes ainsi que les services de couture ou de cordonnerie des grandes enseignes peuvent obtenir le sésame. Les demandes sont adressées en ligne depuis la plateforme de Refashion où les artisans doivent notamment joindre la grille de leurs tarifs. Cette précaution vise à s’assurer que le bonus réparation bénéficie intégralement aux consommateurs et non à augmenter les tarifs.

Lire aussi : « Bonus réparation » : trois questions sur ce dispositif qui entre en vigueur aujourd’hui

Ensuite, tout se passe en ligne. Si le consommateur n’a rien à faire pour toucher le « bonus réparation », les artisans doivent télécharger une application dédiée. Depuis cette plateforme, ils transmettent une photo du vêtement à réparer ainsi que la facture. Ces étapes visent à éviter que les aides servent à d’autres usages que la réparation. « C’est assez simple et ça prend environ deux minutes trente par saisie », affirme Laura Paul. La répétition de l’opération pourrait devenir une charge. « Cela pourrait me prendre une heure par jour », évalue la commerçante. « Mais en s’organisant bien, ça va être gérable », confie-t-elle.

Hausse exponentielle des demandes de labellisation

D’autres artisans se montrent plus prudents. « Si c’est simple, je le ferais mais si c’est trop long et compliqué, je n’en suis pas certaine », nuance ainsi Claudine Lebrun, à la tête d’un atelier de couture à Vannes. « Et puis, il faudra aussi voir si l’on est remboursé rapidement », ajoute-t-elle. « Comme c’est une opération blanche pour le réparateur, il ne faudrait pas que cela prenne trop de temps », abonde Florian Atorm, à la tête du réseau Rapid’Couture. Or, le succès du dispositif repose sur l’engagement des réparateurs.

Pour l’heure, l’enthousiasme est de mise avec une hausse exponentielle des demandes de labellisation, constate l’eco-organisme. La secrétaire d’État chargée du dossier avait insisté sur l’importance de recruter un maximum d’artisans « pour que tous les Français n’aient pas à faire 50 ou 100 km pour faire réparer leurs produits. Sinon cela n’a aucun intérêt », selon Bérangère Couillard (devenue ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes). « On change deux fois plus de vêtements qu’il y a trente ans. Si on continue comme ceci, le textile va représenter un quart des émissions de gaz à effet de serre », mettait-elle en garde.

Les Français jettent 700 000 tonnes de vêtements chaque année

L’industrie textile est en effet particulièrement polluante. Les Français jettent 700 000 tonnes de vêtements chaque année dont les deux tiers finissent dans des décharges. Et ces chiffres ne diminuent pas : en France, 3,3 milliards de vêtements, chaussures et pièces de linge de maison ont été mis sur le marché en 2022, soit 500 000 de plus qu’en 2021, selon les chiffres de Refashion. D’autant que le succès de la fast fashion, avec des acteurs comme Shein, entretiennent cette surconsommation.

Reste à savoir si le bonus réparation parviendra à inverser cette tendance. Pour l’heure, son aîné sur l’électroménager, lancé en décembre 2022, peine à décoller. En quatre mois, uniquement 20 000 personnes en ont bénéficié, pour un montant de 500 000 €, alors qu’en 2023, l’enveloppe dédiée à cette opération est de 43 millions d’euros. Pour rendre le dispositif plus attractif, le montant des aides sera doublé sur certains appareils à partir du 1er janvier. Pour les lave-linge, les lave-vaisselle et les sèche-linge, cette aide passera de 25 à 50 €, les aspirateurs, de 15 à 40 € et les téléviseurs, de 30 à 60 €. Un coup de pouce qui pourrait se révéler décisif.

 
Mathilde GOLLA.    Ouest-France  

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