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La sculptrice MaHo donne une seconde vie aux fragments métalliques, elle expose à Bouchemaine... |
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MaHo et les fragments d’anciennes vies, ressoudées, devenues des Å“uvres. © Ouest-France
L’appel du métal s’est imposé à la sculptrice MaHo. Son travail explore des dualités : brutalité et finesse, chaos et équilibre, ombre et lumière. Elle expose à l’abbaye de Bouchemaine (Maine-et-Loire) jusqu’au 23 novembre 2025.
« Petite fille, je voyais des royaumes dans la poussière et des visages dans les nuages. Le métal attendait son heure. Elle est venue et ne m’a plus quittée. » La sculptrice MaHo décrit ainsi la naissance de sa passion pour le métal, « rude, mais pourtant matériau d’âme ». Touche à tout depuis toujours, elle a commencé par la peinture. Elle réalise encore des toiles sculptées. Mais sa grande affaire depuis 7 ans, c’est la sculpture sur métal. Cette pratique, très physique, est née à la suite de onze jours de stage de soudure en Dordogne. « Je suis rentrée à Angers avec 400 kg de métal dans le coffre et j’ai ouvert mon atelier dans le Haut Anjou ».
« Seul l’œil du spectateur parle »
MaHo a besoin de toucher à la matière. Chaque semaine, elle se rend dans une casse ou un hangar agricole pour dialoguer avec le métal qu’elle y trouvera. Il lui arrive de récupérer des armes comme ces plaques de désensablage anglaises datant de la Seconde Guerre mondiale. Elle les a réemployées dans une œuvre de l’exposition. « Je veux donner une seconde vie aux objets que je trouve. Ils ont gardé de belles cicatrices de leur usage. Quand une forme me plaît, je vois tout de suite ce que je peux en faire. Mais parfois, je réalise quel personnage j’ai créé, une fois le travail terminé. »
Elle ne cherche pas à multiplier les salons. Elle préfère monter une exposition majeure tous les deux ans et continuer à se faire connaître. Par des entreprises comme Scania Angers : « Pour leurs 30 ans, j’ai réalisé un grand Veilleur viking à partir de pièces du constructeur comme ce phare de camion incrusté dans le torse ». Par des particuliers : « J’ai reçu récemment une commande pour quatre œuvres qui seront installées dans le parc d’une maison au bord du lac de Côme. »
L’artiste n’a pourtant pas la prétention de vouloir transmettre des messages à travers ses œuvres : « Seul l’œil du spectateur parle, ce n’est pas à moi de dire ce qu’il doit penser. »
Jusqu’au 23 novembre 2025, exposition de la sculptrice MaHo, abbaye de Bouchemaine. Du jeudi au dimanche de 14 h à 8 h. Entrée libre. Tél. : 02 41 22 21 51.