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La question du jour. Seriez-vous prêt à être candidat aux municipales en 2026 ?... |
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À l’image, les élus municipaux de Mézières votant pour l’installation de panneaux solaires sur le terrain du plan d’eau de la ville. © Archives ML
Un quart des Français (échantillon de 10 000 personnes interrogées) se disent réellement prêt à  se présenter sur une liste en 2026, seuls « quelques-uns » franchiront réellement le pas.
Les conseils municipaux ont du mal à susciter les vocations des citoyens, qui ne se sentent ni préparés, ni légitimes pour s’engager ou en sont dissuadés par leur entourage, selon une étude publiée vendredi, à sept mois des élections municipales.
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Si près d’un quart (24 %) des 10 000 Français interrogés se disent prêts à se présenter sur une liste en 2026, seuls  quelques-unsÂ
franchiront réellement le pas, montre une étude conjointe de l’Institut Terram et du Laboratoire de la République. En cause notamment : le manque de temps (42 %), la lourdeur administrative de la tâche (41 %), le sentiment d’incompétence (39 %) et la difficulté à concilier engagement et vie familiale (38 %).
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Des conditions de plus en plus inégalitaires
 Les Français ne rejettent pas l’idée d’un engagement municipal […] mais ils ne s’y sentent ni préparés, ni légitimes, ni accompagnésÂ
, explique le constitutionnaliste Benjamin Morel, auteur de l’étude, pour qui les conditions d’exercice sont  de plus en plus inégalitairesÂ
. À l’issue des élections municipales de 2020, 345 communes ne disposaient pas d’un conseil municipal complet, contre 228 en 2014.  On connaît bien la question du malaise des maires mais on ne sait quasiment rien de la difficulté à composer des listes, alors qu’on parle de 480 000 élus non rémunérés qui sont la sève de la démocratie localeÂ
, a expliqué le politologue à l’AFP.
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« S’engager est mal vu par les collègues de travail et la famille »
Parmi les causes de désengagement,  l’organisation territorialeÂ
caractérisée par une centralisation croissante de l’État, la complexification normative, l’autonomie fiscale limitée et la marge de manÅ“uvre réduite des communes au sein des intercommunalités. À cela s’ajoute une crise de l’engagement, dont l’un des principaux freins est l’entourage.  Il y a une pression sociale, s’engager comme simple conseiller est mal vu par les collègues de travail comme par la familleÂ
, souligne M. Morel. La crise de l’engagement est plus forte dans les communes de moins de 1 000 habitants, qui représentent plus de 60 % des communes. Les femmes demeurent largement sous-représentées, victimes d’un sentiment de  moindre légitimitéÂ
, de même que les catégories populaires.
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Trois scénarios envisagés pour l’avenir
La  participation associative ou religieuseÂ
, quelle que soit la religion, joue en revanche un rôle décisif dans la décision de s’engager.  Plus d’un quart des Français issus de l’immigration extra-européenne ont déjà été élus contre 8 % des natifs de parents françaisÂ
, note l’étude. L’auteur dresse trois scénarios pour l’avenir : le  délitement progressifÂ
caractérisé par une abstention record et la marginalisation du conseil municipal, la  rationalisation technocratiqueÂ
qui transformerait les conseils municipaux en  chambres d’enregistrementÂ
, et la  refondation civiqueÂ
marquée par une revalorisation  statutaire et symboliqueÂ
du mandat. Pour revivifier la démocratie municipale, Benjamin Morel propose de redonner du poids au conseil municipal, ce qui implique selon lui de  reréfléchir au rôle des intercommunalités et à l’autonomie fiscale des collectivitésÂ
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