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La question du jour. Pensez-vous que les États-Unis vont attaquer Cuba ?... |
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Peuplée de près de 10 millions d’habitants, Cuba n’a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison par le Mexique avant que ce pays ne cesse ses envois de carburants sous la pression de la Maison Blanche. © AFP
Cuba subit une pression croissante de la part du président des États-Unis Donald Trump, qui a imposé un blocus pétrolier de facto en janvier et évoqué la possibilité de « prendre » l’île des Caraïbes.
Le gouvernement communiste cubain subit une pression croissante de la part du président des États-Unis Donald Trump, qui a imposé un blocus pétrolier de facto en janvier et évoqué la possibilité de prendre
l’île des Caraïbes. Cuba est le prochain
, a ainsi lancé le président américain Donald Trump vendredi 27 mars, rejetant l’idée que les récentes opérations militaires américaines pourraient lui coûter des soutiens politiques dans son pays.
Le dirigeant cubain Miguel Diaz-Canel a assuré la semaine dernière que tout agresseur extérieur se heurterait à une résistance indestructible
, alors même que le pays en proie aux pénuries était frappé par deux pannes d’électricité nationales en une semaine.
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Les États-Unis soumettent Cuba à un embargo commercial depuis des décennies. Les relations s’étaient améliorées ces dernières années, mais se sont de nouveau fortement dégradées depuis l’entrée en fonction de Donald Trump pour un second mandat, le président américain cherchant à renforcer l’emprise de Washington sur l’Amérique latine.
Lundi 30 mars, le Kremlin s’est félicité de l’arrivée d’un pétrolier russe à Cuba, défiant le blocus imposé par les États-unis sur l’approvisionnement en carburant de l’île communiste confrontée à de sévères pénuries d’énergie.
Selon le site spécialisé MarineTraffic, l’Anatoly Kolodkin, qui transporte 730 000 barils de brut, remontait lundi midi la côte cubaine en direction du port de Matanzas, au nord-ouest de l’île.
Nous nous réjouissons que cette cargaison de produits pétroliers arrive sur l’île, ou plutôt, qu’elle soit déjà arrivée
, a déclaré lors de son briefing quotidien Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe. Bien entendu, la Russie considère qu’il est de son devoir de ne pas rester à l’écart et d’apporter l’aide nécessaire à nos amis cubains
, a affirmé M. Peskov, parlant d’un blocus sévère
privant l’île du carburant indispensable
à son fonctionnement.
Peuplée de près de 10 millions d’habitants, Cuba n’a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison par le Mexique avant que ce pays ne cesse ses envois de carburants sous la pression de la Maison Blanche.
Jorge Piñón, expert du secteur énergétique cubain à l’université américaine d’Austin, au Texas, s’est dit surpris que les États-Unis n’aient pas tenté d’intercepter le pétrolier russe.
Une fois le navire entré dans les eaux cubaines, il devient presque impossible pour le gouvernement américain de l’arrêter
, a-t-il souligné.
Si un pays souhaite envoyer du pétrole à Cuba dès maintenant, cela ne me pose aucun problème, qu’il s’agisse de la Russie ou non
, avait déclaré dimanche le président américain Donald Trump. Ça n’aura aucun impact. Cuba est finie […], qu’ils reçoivent ou non une cargaison de pétrole, ça n’aura aucune importance.
Le New York Times avait précédemment rapporté que les garde-côtes américains autorisaient le pétrolier à rejoindre l’île, citant un responsable américain anonyme.
Le 19 mars, le gouvernement américain, qui a récemment assoupli ses sanctions contre le pétrole russe, avait précisé que ces hydrocarbures ne pouvaient toujours pas être livrés à Cuba, ni à la Corée du Nord.
Le Sea Horse, un pétrolier battant pavillon hongkongais qui avait précédemment été signalé comme transportant du gazole russe vers Cuba, a de son côté pénétré dans les eaux vénézuéliennes, selon les données de la société Kpler.
Cuba a perdu son principal allié régional et fournisseur de pétrole en janvier, lorsque les forces américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Caracas était devenu le principal fournisseur en carburant de Cuba ces 25 dernières années.
Les Cubains subissent des coupures d’électricité régulières pouvant durer plus de 20 heures. Le pays a subi au moins sept coupures nationales depuis le début de 2024, dont deux en mars 2026.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a imposé diverses mesures pour économiser le carburant, dont un strict rationnement. Les prix des carburants se sont envolés, les transports publics ont été drastiquement réduits et certaines compagnies aériennes ont suspendu leurs vols à destination de Cuba.
Cuba, pays allié de Moscou
Le 20 mars, le Kremlin avait affirmé discuter avec Cuba, pays allié de Moscou, des moyens d’aider l’île, se refusant alors à commenter des informations sur une livraison secrète de gazole d’origine russe.
Moscou et La Havane, qui collaborent étroitement depuis la période soviétique, ont renforcé leurs liens depuis que la Russie a lancé son offensive à grande échelle contre l’Ukraine en 2022.
Une fois la cargaison de l’Anatoly Kolodkin arrivée, il faudra entre 15 et 20 jours pour traiter le pétrole, puis encore 5 à 10 jours pour distribuer ses produits raffinés, a indiqué Jorge Piñón. Le besoin urgent aujourd’hui à Cuba, c’est le gazole
, a déclaré cet ancien cadre du secteur pétrolier.
La cargaison russe pourrait être transformée en 250.000 barils de gazole, une quantité suffisante pour couvrir la demande du pays pendant environ 12 jours et demi, selon l’expert.
Le gouvernement devra ensuite décider s’il destine ce carburant aux groupes électrogènes de secours ou aux autobus, tracteurs et trains nécessaires pour maintenir l’économie en marche pendant deux semaines.
L’Anatoly Kolodkin, qui fait l’objet de sanctions américaines, avait chargé du pétrole dans le port russe de Primorsk le 8 mars.
Il avait été escorté par un navire de la marine russe à travers la Manche. Les deux bateaux se sont séparés une fois que le pétrolier est entré dans l’océan Atlantique, selon la marine britannique.