Accueil Info Info en continu La question du jour. Les jeunes s’abstiennent davantage : faut-il rendre le vote obligatoire ?

La question du jour. Les jeunes s’abstiennent davantage : faut-il rendre le vote obligatoire ?

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photo  l’abstention des jeunes n’est pas sans conséquence sur le résultat des élections.  ©  hans lucas via afp 1

L’abstention des jeunes n’est pas sans conséquence sur le résultat des élections. © Hans Lucas via AFP

Les jeunes, laissés-pour-compte des municipales ? Non-inscrits, mal-inscrits, les étudiants et les moins de 40 ans s’abstiennent davantage, en particulier aux scrutins locaux. Faut-il une nouvelle loi pour régler le problème ?

Les Français ont jusqu’à vendredi pour s’inscrire en mairie sur la liste électorale de leur commune afin de participer au scrutin des 15 et 22 mars. Au total, en 2022, selon l’Insee, 2,9 millions de Français n’étaient pas inscrits sur les listes électorales. Un chiffre qui a beaucoup baissé depuis la décision, il y a presque 30 ans, d’inscrire automatiquement les jeunes de 18 ans, grâce au recensement citoyen et à la journée défense et citoyenneté.

Mais qui cache désormais un nouveau facteur d’abstention : la « mal-inscription ». Elle concerne, toujours selon l’Insee, 7,7 millions d’électeurs potentiels. Il s’agit de personnes inscrites dans une commune où ils ne résident plus.

Les étudiants par exemple sont très fortement touchés par ce phénomène. Inscrits à 18 ans, en général chez leurs parents, ils quittent le domicile familial pour des villes étudiantes. Dès lors, la distance est un obstacle de plus pour ne pas voter - avec le désintérêt pour la politique ou pour le scrutin concerné, en particulier local ou européen.

Professeur de Sciences politiques à Montpellier, Jean-Yves Dormagen a récemment fait un sondage amateur. J’ai demandé à mes étudiants s’ils étaient inscrits à Montpellier : sur une vingtaine, il y en avait trois, alors que les étudiants de villes comme Montpellier ou Toulouse peuvent représenter jusqu’à un quart de leur population.

Au-delà, 45 % des 25-29 ans sont dans une situation de mal-inscription, note Céline Braconnier, professeur de Sciences politiques à Science-Po Saint-Germain-en-Laye. Jeunes actifs soumis à la mobilité professionnelle ou anciens étudiants n’ayant pas régularisé leur situation électorale… Cette catégorie est la moins bien inscrite même si en réalité le problème est encore visible plus tard.

Si on regarde les 18-39 ans, la jeunesse au sens large, en 2022, c’est 34 % de mal-inscrits, soit le double de la moyenne nationale, assure la spécialiste de la participation électorale.

Jeunes actifs touchés par la mobilité professionnelle, couples déménageant en périphérie des villes pour s’agrandir à l’arrivée des enfants, etc - entre 2017 et 2022, un tiers des Français ont déménagé.

« Décalages »

La mal-inscription multiplie par trois les chances de s’abstenir, explique Céline Braconnier, rappelant que les lois électorales, les modalités de participation électorale ont été pensées alors qu’on n’était pas dans une société de la mobilité.

Elle plaide donc pour une automaticité de l’inscription électorale tout au long de la vie. Mais cette option, soulevée à chaque élection importante, a été balayée d’un revers de main par le ministère de l’Intérieur pour qui cela nécessiterait la constitution d’une base nationale de population intégrant les données personnelles, dont les adresses, de chacun des électeurs.

Soit, écrit-il en réponse à une récente question sénatoriale, un choix difficilement compatible avec les principes de la protection de la vie privée et des données personnelles des citoyens français.

Inentendable pour Céline Braconnier, qui rappelle que ça se fait dans toutes les grandes démocraties autour de nous, à l’exception des États-Unis.

Mais la question de la mal-inscription, qui concerne pour l’essentiel les Français de moins de 40 ans, crée un autre décalage qui peut en partie au moins fausser les résultats, en particulier aux municipales, où on fait moins d’effort pour aller voter que pour la présidentielle par exemple.

Aujourd’hui, la moitié des inscrits a plus de 50 ans, assure Jean-Yves Dormagen, également directeur de l’institut de sondage Cluster 17, une part de la population qui par ailleurs traditionnellement vote plus que les jeunes. Donc, poursuit-il, les maires vont être élus par des retraités majoritairement, ce qui peut influer sur les programmes : la sécurité, la propreté seront davantage mises en avant que les transports nocturnes ou le logement.

Ça crée localement des effets incroyables en termes de déformation du corps électoral potentiel, conclut Céline Braconnier.

 
Le Courrier de l’Ouest (avec l’AFP)    Courrier de l'Ouest  

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