Accueil Info Info en continu La question du jour. Doit-on interdire les plateformes de partage de contenus sexuels telles que OnlyFans ou Mym ?

La question du jour. Doit-on interdire les plateformes de partage de contenus sexuels telles que OnlyFans ou Mym ?

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photo  en 2023, la plateforme onlyfans avait généré 6,6 milliards de dollars de paiements en ligne. depuis, les chiffres ne font que grimper.  ©  archives afp 1

En 2023, la plateforme OnlyFans avait généré 6,6 milliards de dollars de paiements en ligne. Depuis, les chiffres ne font que grimper. © Archives AFP

Ils sévissent sur des plateformes de partage de contenus sexuels comme OnlyFans ou Mym, exploitent des « modèles » parfois jeunes et pourraient désormais être plus sévèrement punis : le Sénat tente ce mardi 10 février 2026, de légiférer contre ces « proxénètes 2.0 ».

Une proposition de loi cosignée par une centaine d’élus de droite et du centre, est examinée ce mardi 10 février 2026 en première lecture au Sénat. Elle s’attaque à cette galaxie en plein essor mais encore peu régulée, celle du caming. Cette pratique, particulièrement popularisée durant la crise sanitaire via diverses plateformes comme le géant anglais OnlyFans, son concurrent français Mym ou le plus sulfureux site de petites annonces libertines Sexemodel, consiste en la vente de contenus sexuels ou pornographiques, parfois personnalisés, par abonnement.

Mais derrière ces photos et vidéos érotiques qui offrent parfois un complément de salaire apprécié des créatrices de contenu, se cache aussi tout un écosystème commercial. Fleurissent ainsi divers managers ou agents, des intermédiaires chargés, contre rétribution, de développer l’activité de ces modèles, leur promettant promotion et visibilité, quitte à embaucher des tchatteurs pour gérer les conversations privées avec leurs abonnés.

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Ce qui ressemble à de l’argent facile peut devenir un piège infernal pour des modèles parfois mineures, explique à l’AFP l’auteure de texte, la sénatrice Les Républicains Marie Mercier. Ces managers de compte mettent sur pied un système de domination et finissent par avoir des moyens de pression […] pour détruire toute une vie, s’est inquiétée la ministre de déléguée à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, sur Sud Radio ce mardi. Ils doivent pouvoir être incriminés comme étant des proxénètes, a-t-elle ajouté, affirmant soutenir l’initiative sénatoriale. Mais face à ces dérives, légiférer s’avère en réalité assez complexe. Faut-il s’attaquer au modèle-même de ces plateformes ? Pénaliser directement les clients ? Se concentrer sur ces proxénètes 2.0, difficiles à tracer ?

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La réponse est d’autant plus difficile à apporter que la jurisprudence de la Cour de Cassation est sans appel : la pratique du caming ne relève pas de la prostitution, en l’absence de contact physique. Il est donc périlleux de relier ces activités au proxénétisme, dont la définition dans le code pénal découle directement de celle de la prostitution. Cela suppose qu’on redéfinisse la prostitution, explique la rapporteure du texte au Sénat, Lauriane Josende (LR), or cela créerait des effets de bord et porterait une atteinte aux libertés, selon elle : quid des strip-teases, des peep-shows, voire de la pornographie ? s’interroge la sénatrice.

À son initiative, le Sénat a donc complètement remodelé en commission le dispositif initial du texte, qui s’attaquait aux clients de ces plateformes en pénalisant directement l’achat de contenus individualisés à caractère sexuel en ligne.

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La volonté de créer une nouvelle infraction spécifique

À la place, une nouvelle infraction spécifique d’exploitation sexuelle en ligne serait créée, punie de jusqu’à sept ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende et aggravée dans certains cas. Cette infraction viserait les intermédiaires lorsqu’ils recrutent un créateur de contenu dans certaines circonstances comme la menace, la contrainte, la violence ou l’abus d’une situation de vulnérabilité. Mais la rétribution financière de l’intermédiaire, seule, ne suffirait pas à la caractériser.

Cette rédaction a été accueillie positivement par la plateforme Mym, satisfaite de voir assurée une protection maximale des utilisateurs comme des créateurs de contenu.

Certains parlementaires et associations y voient au contraire un texte totalement dénaturé et probablement inefficace. C’est une occasion manquée […]. La question des acheteurs de services sexuels a complètement disparu, a regretté auprès de l’AFP Lénaig Le Fouillé, porte-parole du mouvement du Nid, qui milite de longue date en faveur de l’abolition de la prostitution.

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Cette infraction ne servira à rien, s’agace de son côté Laurence Rossignol (PS). Il suffirait d’adapter les sanctions existantes au numérique, ajoute la sénatrice socialiste, qui a déposé une autre proposition de loi pour que le proxénétisme englobe les actes sexuels non simulés, qu’ils soient physiques ou virtuels.

Pour élargir la portée du dispositif, le gouvernement proposera néanmoins un amendement visant à sanctionner les consommateurs à condition qu’ils aient connaissance de faits d’exploitation sexuelle en ligne.

 
Avec l’AFP    Courrier de l'Ouest  

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