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La question du jour. Avez-vous confiance en notre armée pour faire face aux nouvelles menaces ?... |
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Aéroport de Paris-Le Bourget, au nord de Paris, le 20 juin 2025. Le président français Emmanuel Macron alors accueilli par le ministre français des Armées Sébastien Lecornu (2e à gauche), le chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace, Jérôme Bellanger (à gauche), et le directeur général de l’armement Emmanuel Chiva (à droite). © AFP
L’armée de l’Air française a besoin de davantage d’avions de chasse, selon son chef d’état-major, le général Jérôme Bellanger.
L’armée de l’Air et de l’Espace française a besoin d’augmenter le format de son aviation de chasse pour pouvoir assurer ses missions et  tenir dans la duréeÂ
, a plaidé jeudi 7 novembre son chef d’état-major, le général Jérôme Bellanger.
 Notre format doit viser non pas 185 mais 230 avions de chasse, nous avons besoin de démutualiser nos contratsÂ
, a-t-il affirmé dans une allocution à l’occasion de la présentation des moyens de l’armée de l’Air à Évreux (Eure). L’aviation de chasse française prévoit actuellement 185 avions de combat Rafale et Mirage 2000 pour l’armée de l’Air et 41 Rafale pour la Marine.
 Je parle de 230 avions de combat, parce que quand on démutualise les contrats opérationnels qui me sont confiés, que ce soit pour protéger l’espace aérien et ses approches, pour la mission de dissuasion nucléaire ou pour assurer des missions d’intervention, j’ai besoin de plus de 185 avions. Quand je fais le compte, avec la formation, l’expérimentation, j’ai besoin de 230 avions de combatÂ
, a-t-il précisé.
Acquérir des moyens de suppression des défenses aériennes ennemies
Actuellement, les Rafale des forces aériennes stratégiques chargées de la composante aéroportée de la dissuasion sont par exemple régulièrement occupés à d’autres missions, comme récemment en Pologne où plusieurs ont été déployés en réaction aux violations de l’espace aérien polonais par des drones russes.
Le manque d’avions est compensé  par une surutilisation de la flotte Rafale à hauteur de 15 %Â
, avait-il expliqué fin octobre devant les députés. Cela exige des opérations de maintenance optimisées mais concourt à l’usure prématurée des appareils.
L’ex-ministre des Armées et actuel Premier ministre Sébastien Lecornu avait lui aussi évoqué en début d’année un besoin de 30 Rafale supplémentaires (20 pour l’armée de l’Air et 10 dans la Marine).
Le projet de budget des armées pour 2026 prévoit une augmentation de 13 % pour atteindre 57,1 milliards mais ne comprend pas de commandes additionnelles de Rafale.
Une actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 doit être présentée  d’ici la fin de l’automneÂ
afin de permettre  l’accélération du réarmementÂ
, selon la ministre des Armées Catherine Vautrin.
Le général Bellanger a par ailleurs fait part du besoin de l’armée de l’Air et de l’Espace d’acquérir des moyens de suppression des défenses aériennes ennemies, c’est-à -dire des missiles capables de viser les radars de défense aérienne ennemis, ainsi que d’une réflexion en cours sur un  missile aérobalistiqueÂ
, comme le Kinzhal russe ou le Silver Sparrow utilisé avec succès par l’aviation israélienne contre l’Iran.