|
La Lande-Chasles. L’écureuil veille sur la commune la moins peuplée du Maine-et-Loire... |
3
La Lande-Chasles. L’écureuil veille sur la commune la moins peuplée du Maine-et-Loire
La Lande-Chasles a désormais son « animal-totem » : un écureuil géant qui trône devant la mairie.
On connaît l’ours de Berlin, le lion de Belfort, le crocodile de Nîmes… En Anjou aussi, plusieurs villes ont leur « animal totem » : le cheval pour Saumur, l’outarde pour Montreuil-Bellay, le sanglier pour Baugé, le sandre pour La Bohalle, la girafe pour Doué-la-Fontaine, etc. (lire ci-dessous).
Ces dernières semaines, deux nouveaux venus, un héron et un écureuil, ont rejoint la grande ménagerie angevine, statufiés chacun à leur façon par le talent singulier de deux artistes.
Le choix d’une communauté (clan, tribu, seigneurie, ville, pays) d’associer son nom à un animal remonte à la nuit des temps. C’est une façon de se distinguer tout en affirmant sa personnalité.
À La Lande-Chasles, la commune la moins peuplée du Maine-et-Loire (122 habitants), on a choisi l’écureuil. « Il figurait déjà sur le papier à en-tête de la mairie du temps de mon prédécesseur »
se souvient le maire, Jean-Christophe Rouxel. Le petit animal a tout naturellement déployé son panache sur les armoiries communales créées en 2015. Et depuis le 6 octobre dernier, il trône en majesté devant la mairie sous la forme d’une sculpture géante en bois réalisée en deux jours par l’artiste morbihannais Cedric Guillermo.
Un chêne plus que centenaire
« J’ai découvert son travail en lisant un article du Courrier de l’Ouest qui l’avait présenté à l’occasion du dernier concours complet international de Saumur »
se souvient Jean-Christophe Rouxel.
Invité en résidence d’artiste à Saumur et Fontevraud, il avait alors sculpté dans des billes de pin douglas quatre têtes de chevaux de deux mètres de haut en forme de pièces de jeu d’échecs. À La Lande-Chasles, à l’aide de ses outils et d’une tronçonneuse, il a fait naître un écureuil de la même taille dans deux pièces d’un chêne plus que centenaire : une pour le corps, une pour la queue. L’arbre avait été coupé il y a 5 ans dans la forêt voisine.
Isolé au milieu de la forêt, le village de La Lande-Chasles aurait aussi pu choisir le chevreuil, le sanglier ou le lapin. Mais l’écureuil, petit animal sympathique, symbolise la vivacité et l’indépendance, ce qui n’est pas pour déplaire à ce village qui a fait le choix de ne pas se fondre dans une commune nouvelle.
Le concours de la plus grosse pomme de pin
Et puis l’écureuil, c’est aussi l’animal économe : « Nous avons zéro euro de dette par habitant »
rappelle malicieusement le maire. Pour s’offrir la mascotte géante, il n’a pas cassé la tirelire communale : le bois a été offert par Christophe Berson, adjoint au maire, l’artiste a été hébergé chez Jean-Christophe Rouxel, et la facture finale d’un millier d’euros pourra bénéficier de subventions du département et de la communauté d’agglomération.
L’écureuil géant, qui trône dans la cour de la mairie, est vite devenu la mascotte du village. Le passage photo obligé pour les camping-caristes et les randonneurs de passage. Il sera au centre de prochaines animations. « Pour Halloween, nous allons organiser un concours qui consistera à trouver la plus grosse pomme de pin »
annonce le maire de La Lande-Chasles. La pomme gagnante sera offerte à l’écureuil. L’animal totem pourra alors tenir dans ses pattes jointes ce précieux trophée en forme de cerise sur le gâteau.