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La facture climat des assureurs s’alourdit... |
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Inondations dans le Maine-et-Loire, près d’Angers, à Denée, le 15 février 2026. © Vincent Michel / Ouest-France
Le bilan annuel de France Assureurs souligne le poids croissant des remboursements liés aux grêles, tempêtes, inondations et sécheresses. Anticiper est désormais le maître mot pour maîtriser la facture. C’est aussi le cas dans le secteur de la santé.
Pas facile de se projeter. « Nous sommes face à des incertitudes inédites depuis 1990. Les risques s’accroissent et s’hybrident », constate Florence Lustman, présidente de France Assureurs. Les chiffres 2025 dressent la carte « d’un ordre mondial profondément ébranlé avec un affaiblissement des mécanismes de régulation. »
Anticiper le changement climatique
Si les guerres en Iran, à Gaza, en Ukraine occultent les défis liés au changement climatique, la menace est pourtant bien là. En 2025, le coût des événements naturels atteint 5,2 milliards d’euros contre 3,9 milliards d’euros sur la période 2010-2019. La facture ne cesse de s’alourdir. À elle seule, la grêle a représenté 2,2 milliards d’euros. « Certaines communes ont été touchées par ce phénomène jusqu’à dix-sept fois au cours de l’année 2025. » Les événements extrêmes se succèdent. À elle seule, la facture de la sécheresse s’élève à 1 milliard d’euros. Les tempêtes comme la grêle sont couvertes dans les contrats dommages des assureurs, tandis que les inondations et les sécheresses dépendent du régime catastrophes naturelles. Le réassureur public, la CCR, prend alors la moitié des coûts à sa charge, permettant de réduire la facture des assureurs.
Anticiper dans ces conditions apparaît comme une nécessité. Dans un scénario à + 4 degrés, les Français devraient apprendre à vivre avec le climat de Vigo à Brest en 2100, de Montpellier à Paris, de Bilbao à Lille et de Séville à Marseille. Pour y faire face, le secteur de l’assurance multiplie les investissements verts. Ils ont presque doublé en cinq ans, passant de 110 milliards d’euros en 2020 à 200 milliards d’euros en 2024. Pour accompagner la fin des véhicules thermiques, les assureurs annoncent l’élaboration d’un indice de réparabilité des véhicules électriques.
Santé : privilégier la prévention
Si le déficit des retraites, 0,2 % du PIB en 2030 et 1,4 % à l’horizon 2070 inquiète les assureurs, celui lié à la Sécurité sociale 21,6 milliards d’euros l’an dernier est encore plus inquiétant estime Florence Lustman. Si rien n’est fait pour corriger les tendances actuelles, il représenterait 9 % du PIB (Produit intérieur brut) en 2070. Se creusant sous l’effet du vieillissement mais aussi de l’effort insuffisant consacré à la prévention. Les assureurs appellent à prendre des mesures incitatives pour encourager ceux qui accepteraient de se lancer dans des parcours de prévention. Ce qui signifie aussi avoir accès aux données santé demande France Assureurs qui souhaite aussi un renforcement de la lutte contre la fraude. Enfin, Florence Lustman pointe aussi les faiblesses des contrats d’assurance « responsables » encadrés par décret « Ils ne répondent plus aux attentes de la population. Les retraités modestes voudraient que les clauses d’hospitalisation soient intégrées. Elles sont aujourd’hui taxées à 22 %. »