|
La communauté Emmaüs à Saint-Jean-de-Linières fait campagne pour des dons triés... |
1
Aux côtés de Bastien Viot, coresponsable de la communauté (2e à gauche) et Jean-Paul Gallot, les compagnons et les bénévoles s’activent devant cette montagne de vêtements pour effectuer de nouveaux tris en vue d’une vente en magasin ou d’une expédition. © Ouest-France
Donner une seconde vie aux objets, c’est d’abord s’assurer de leur bon fonctionnement, de leur propreté et leur durabilité. La communauté Emmaüs à Saint-Jean-de-Linières (Maine-et-Loire) lance un appel aux donateurs devant le constat trop fréquent de dons non triés.
« Imaginez que vous offrez ces objets ou ces vêtements à un proche », c’est l’idée qu’exprime Jean-Paul Gallot, coprésident de la communauté Emmaüs d’Angers (Maine-et-Loire) devant le constat trop fréquent de dons non triés. « C’est dans cet esprit que nous lançons une campagne d’information à l’attention des donateurs à notre recyclerie. Depuis quelque temps, nous notons en effet, une baisse de la qualité des dons, et parallèlement, un apport d’objets qui sont plus destinés à une déchetterie. Le constat est là, seulement 15 % à 20 % des objets qui nous sont déposés sont vendables. »
Lire aussi : « Ce ne sera pas un restaurant mais une guinguette » : le projet à la pyramide du Lac de Maine revu
Des règles à respecter par les usagers au moment du dépôt. Tout particulièrement concerné, le textile demande d’abord à être trié par l’usager. « Ceux qui sont en bon état doivent être remis propres et pliés dans des sacs ou des cartons avant leur mise en vente en magasin ou leur expédition. Quant aux vêtements inutilisables, ils sont à déposer dans des sacs-poubelles noirs que les compagnons dirigent vers le recyclage. » Tout autre produit cassé ou abîmé doit être déposé directement à la déchetterie.
« En effet, rien n’est gaspillé »
À réception des dons, les compagnons assurent un second tri. « Une partie sera vendue en magasin, l’autre orientée vers le Relais, une filiale d’Emmaüs, pour une seconde vente ou une autre vie », détaille Jean-Paul Gallot. « En effet, rien n’est gaspillé, ils peuvent ensuite devenir isolants thermiques et acoustiques, comme le métisse issu du broyage de nos jeans utilisé ici sur quelques bâtiments, des laines refilées, des combustibles… Tous les textiles trouvent ainsi une nouvelle utilité. »
Lire aussi : Deux hommes armés recherchés après le braquage d’un tabac-presse dans le Maine-et-Loire
Pas tous, hélas. « Je fais référence à la fast fashion qui engorge actuellement cette filière. Il en résulte une surconsommation des vêtements à bas coûts composés, hélas, d’une grande quantité de matière plastique non recyclable. »
Outre la vente et le recyclage, une grande quantité de textiles et autres produits destinés à la vente sont aussi expédiés régulièrement par les compagnons en direction de pays pauvres afin de contribuer au développement d’une économie locale et créer des emplois. « Actuellement, nous préparons des balles de vêtements en bon état pour en charger un maximum dans un conteneur qui prendra bientôt la direction d’une communauté Emmaüs au Togo », explique Philippe, un bénévole. « Elle se chargera ensuite de la vente et l’argent récupéré ira dans une autre communauté en République démocratique du Congo, une région en guerre actuellement ».