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La Chine annule la condamnation à mort d’un Canadien dans une affaire de drogue... |
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Des passants marchent devant l’ambassade du Canada à Pékin, le 10 août 2021. © Noel CELIS / AFP
Pékin a annulé ce vendredi la condamnation à mort pour trafic de drogue d’un citoyen canadien Robert Lloyd Schellenberg. Ce dernier avait été condamné en 2019 après l’arrestation de la directrice financière de Huawei au Canada, à la demande des États-Unis.
La Chine a annulé la condamnation à mort d’un Canadien accusé de trafic de drogue par Pékin, a indiqué vendredi à l’Agence France-Presse (AFP) une source gouvernementale canadienne, marquant un nouveau signe de détente diplomatique entre les deux pays.
Arrêté pour trafic de drogue, Robert Lloyd Schellenberg avait été condamné à mort en janvier 2019 au moment où les tensions étaient très fortes entre Pékin et Ottawa après l’arrestation à Vancouver (ouest du Canada) de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, à la demande des États-Unis.
Rapprochement entre la Chine et le Canada
Mais ces derniers mois, les poussées protectionnistes du président américain, Donald Trump, et sa diplomatie parfois erratique ont poussé le Canada à se rapprocher de la Chine.
Mi-janvier, le président chinois, Xi Jinping, et le Premier ministre canadien, Mark Carney, ont salué à Pékin l’avènement d’un nouveau partenariat, après des années de brouille.
Une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a précisé qu’Ottawa avait été informé de la « décision de la Cour populaire suprême de la République populaire de Chine dans l’affaire de M. Robert Schellenberg ».
« Le Canada a plaidé pour la clémence dans cette affaire, comme il le fait pour tous les Canadiens condamnés à la peine de mort », a-t-elle ajouté.
Il affirme être un simple touriste
Arrêté en 2014 pour trafic de drogue et condamné en première instance à 15 ans de prison, Robert Lloyd Schellenberg avait été rejugé et condamné à mort en 2019. À l’époque, la justice avait évoqué une peine initiale trop « indulgente ».
Le tribunal l’avait accusé d’avoir joué un « rôle clé » dans un trafic de drogue destiné à expédier quelque 222 kg de méthamphétamine en Australie.
Déjà condamné dans le passé au Canada pour trafic de stupéfiants, Robert Lloyd Schellenberg affirmait quant à lui être un simple touriste qui aurait été piégé.
La confirmation de sa peine était intervenue au moment où Meng Wanzhou se trouvait devant un tribunal canadien pour des audiences consacrées à son éventuelle extradition vers les États-Unis.
La directrice financière de Huawei et fille du fondateur du géant chinois des télécoms était accusée d’avoir menti pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.
Au même moment, la Chine avait également placé derrière les barreaux deux ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, accusés d’espionnage.
Si tous les trois ont depuis été libérés, les tensions ont perduré, Pékin reprochant notamment à Ottawa son alignement supposé sur la politique chinoise de Washington, jusqu’au retour de Donald Trump au pouvoir et son ingérence dans les élections canadiennes.
Deuxième partenaire économique du Canada
En se rendant à Pékin mi-janvier, le Premier ministre Mark Carney a voulu tourner la page d’années de brouille entre les deux pays. Il s’agissait de la première visite d’un chef de gouvernement canadien à Pékin depuis celle, en décembre 2017, de Justin Trudeau.
Si le Canada a historiquement, économiquement et politiquement des liens bien plus forts avec son voisin américain, le Canada et la Chine ont en commun de subir, depuis un an, directement ou indirectement les effets des politiques agressives du président Donald Trump, à l’encontre de ses rivaux comme de ses alliés.
Mark Carney a fait vœu de voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les États-Unis d’ici à 2035. Il a souligné le poids de la Chine : deuxième puissance économique représentant un tiers de la croissance globale et avec laquelle le commerce fait vivre des centaines de milliers de Canadiens.
La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada, derrière les États-Unis. Le volume des échanges de biens entre le Canada et la Chine s’est élevé à 89,62 milliards de dollars américains en 2025.