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Juvardeil. Eau du robinet : plus de « transparence » réclamée... |
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25 personnes, membres du syndicat d’eau de l’Anjou, de la Saur et de l’ARS, élus et citoyens étaient présents à la réunion. © Ouest-France
Mardi, une réunion a permis aux élus de Juvardeil et Châteauneuf-sur-Sarthe, ainsi qu’à des membres d’un groupe de citoyens, d’échanger sur l’état préoccupant de l’eau potable.
Une étude réalisée par l’UFC - Que choisir, publiée fin avril, avait révélé une pollution de l’eau par des pesticides dans 24 communes du Maine-et-Loire. Parmi elles, Juvardeil et Châteauneuf-sur-Sarthe (commune déléguée des Hauts-d’Anjou) dont les élus et un groupe de citoyens avaient contacté le Syndicat de l’eau de l’Anjou.
Pollution
Mardi, désireux de faire le point, ce dernier a organisé une réunion à la station de captage de Châteauneuf-sur-Sarthe, en présence également de membres de la Saur (le distributeur), et de l’Agence régionale de santé (ARS). Ceux-ci ont répondu aux questions des élus et des membres du groupe citoyen. Des questions pour la plupart axées sur la molécule (métolachlore ESA) - un résidu issu d’un désherbant utilisé pour le maïs - signalée en dépassement régulier en 2019 et 2020.
« Même si l’eau distribuée ces deux dernières années présentait des traces de cette molécule, elle était jugée propre à la consommation », a-t-il été expliqué. La complexité réside dans la présence de deux taux, définis par l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation), aux valeurs très éloignés. La première de 0,1 microgramme par litre, identique à celle d’un pesticide, correspond au principe de précaution. La seconde, 500 microgrammes, à la valeur maximale de consommation.
Une eau « non-conforme mais potable »
L’eau coulant dans les robinets juvardeillais et castelneuviens contenait 0,22 microgramme par litre de cette molécule, soit un taux au-dessus du seuil de qualité mais nettement en dessous du seuil de consommabilité... « Nous distribuons de l’eau non conforme mais potable ! », résume un membre de la Saur.
Autre question : « Quelles actions sont menées pour faire disparaître la molécule de l’eau du robinet ? Qu’est-ce qui explique la différence d’efficacité entre la station de Châteauneuf et celle de Morannes ? »
Réponse du syndicat : « Pour faire disparaître les traces de pesticides, nous utilisons des filtres à charbon. Évidemment, notre objectif est zéro pesticide. Dans tous les cas, il est difficile d’évaluer les effets de ces molécules et… peut-être de d’autres à venir : la dégradation des pesticides en crée toujours de nouvelles et il est difficile d’anticiper sur des effets inconnus aujourd’hui. »
Question : « n’est-il pas envisageable d’intervenir, en amont de la station, auprès des agriculteurs afin que ceux-ci modifient leurs pratiques pour protéger les zones de captage ? »
« L’étendue de notre ressource d’approvisionnement la Sarthe et… ses affluents, est vaste, répond le syndicat. Cependant il est constaté que les niveaux de métabolites dans la Sarthe relevés à Châteauneuf-sur-Sarthe sont très proches de ceux relevés à Sablé-sur-Sarthe, démontrant l’influence du bassin versant amont. Le Syndicat d’eau de l’Anjou travaille avec les organismes de bassin versant pour améliorer la qualité de l’eau à moyens et longs termes. »
Question : « En clair, la seule solution efficace serait l’interdiction totale des pesticides ? »
Le syndicat répond que « les actions de protection du milieu naturel sont effectivement indispensables pour améliorer la qualité de l’eau mais il faut savoir que les effets de ces actions ne seront pas immédiats : par exemple, on retrouve encore des traces de l’herbicide Atrazine, interdit depuis 2001, dans l’eau du robinet de certaines régions… »