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Jarzé-Villages. L’association de défense du patrimoine opposée à une nouvelle mairie... |
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Jarzé-Villages, le 14 mars 2024. Dominique Gerfault, Elisabeth Houdebine et Philippe Gounaud, trois des membres du bureau de l’association de défense du patrimoine de Jarzé-Villages, devant la mairie dont ils dénoncent le remplacement et la création d’un nouveau bâtiment. © CO - Christophe RICCI
Constituée en novembre 2023 par des habitants de Jarzé-Villages qui se veulent lanceurs d’alerte, l’association compte aujourd’hui une centaine de membres. Elle dénonce le projet de construction d’une nouvelle mairie à Jarzé.
Ce qui est sûr, c’est que l’on n’est pas en campagne électorale.
Même si tous les habitants de la commune ne seront pas obligés de croire Dominique Gerfault, l’un des fondateurs de l’association de défense du patrimoine de Jarzé-Villages, ses mots ont le mérite d’être clairs (l’intéressé a fait partie de l’équipe municipale actuelle, lire ci-dessous).
Avec son épouse Sophie, Philippe Gounaud, Elisabeth Houdebine et d’autres Jarzéens, ils ont constitué l’association en novembre 2023. Forts d’une centaine de membres aujourd’hui, ils se veulent lanceurs d’alerte
face au projet de nouvelle mairie portée par la municipalité.
Ils ont expliqué leur démarche, au cours d’un rendez-vous qui s’est déroulé jeudi 14 mars, à Jarzé.
Un projet de mairie surdimensionné pour la commune ?
L’association de défense du patrimoine de Jarzé-Villages est donc née à la suite du projet de construction d’une nouvelle mairie de 400 m² à 2 millions d’euros pour six personnes
qui y travaillent, indique Dominique Gerfault.
La rénovation et l’agrandissement de la mairie a commencé à 500 000 euros, puis 1 million d’euros
, enchaîne Philippe Gounaud. L’appel d’offres a été lancé en septembre 2023
, le montant du projet sélectionné s’élève à 1,3 million d’euros. Plus 130 000 euros d’honoraires, plus l’aménagement des espaces extérieurs, le mobilier et les raccordements, on arrive à 2 millions d’euros
, précise l’architecte.
On nous a annoncé des subventions à hauteur de 50 %, ce qui est impossible
, selon lui. On propose donc un projet alternatif, à l’échelle des besoins et des moyens.
Mais on nous a dit que notre projet n’était pas viable
, poursuit-il. « On » faisant évidemment référence à la municipalité.

Jarzé-Villages, le 14 mars 2024. Elisabeth Houdebine, Dominique Gerfault et Philippe Gounaud, trois des membres du bureau de l’association de défense du patrimoine de Jarzé-Villages, devant la supérette dont l’avenir est en suspens. CO - Christophe RICCI
L’objectif est de conserver la mairie actuelle qui a 150 ans
, reprend Dominique Gerfault. La rénovation et l’agrandissement sont nécessaires
, poursuit Philippe Gounaud. On n’est pas contre la construction de quelque chose, mais pas un bâtiment de 400 m² pour six personnes
, insiste Dominique Gerfault.
Les finances de la commune ne sont pas dans le rouge, mais un emprunt à 1 million d’euros bloquera tous les projets à venir
, à ses yeux. Si la mairie s’engage pour les travaux d’une nouvelle mairie, il n’y aura plus les moyens de faire une autre supérette
, complète Philippe Gounaud.
Quel avenir pour la supérette ?
La supérette figure parmi les objectifs de l’association. Le Proxi devrait fermer ses portes à l’été 2024, à la suite de la retraite de sa gérante. Les membres de l’association militent pour la création d’une nouvelle supérette, à côté du bâtiment actuel. Un bâtiment qui a largement fait son temps, selon les membres de l’asso.
Là aussi, l’association a constitué un dossier pour la création d’une nouvelle, qu’elle a confié au conseil municipal
. Sans retour pour l’heure, selon leurs dires.

Jarzé-Villages, le 14 mars 2024. Depuis plusieurs semaines des affichages sauvages dénoncent l’accidentologie du carrefour des routes d’Angers et de Cheviré-le-Rouge. CO - Christophe RICCI
Un carrefour dangereux en ligne de mire
Officiellement, ce sujet ne figure pas dans les objectifs de l’association. Mais dans ce cas précis, c’est difficile à croire.
Deux panneaux, visibles depuis la route, dénoncent depuis plusieurs semaines le caractère accidentogène du carrefour des routes d’Angers (RD 766) et de Cheviré-le-Rouge (RD 82), à hauteur de Jarzé.
Depuis le 1er janvier 2024, une personne y a trouvé la mort et sept autres ont été blessées. Si l’on remonte jusqu’en 2010, le bilan s’élève à quatre morts et vingt-sept blessés, selon les membres de l’association.
Pour Philippe Gounaud, c’est un carrefour qui est mal fait, entre des voies d’insertion et la vitesse
limitée à 90 km/h, sur un axe emprunté chaque jour par 8 000 véhicules dont un millier de poids lourds.
On a sollicité la députée Anne-Laure Blin pour l’alerter sur la dangerosité de ce croisement et pour réaliser des aménagements
, continue l’architecte.
On a dit à Anne-Laure Blin, sur le ton de la plaisanterie, qu’on ferait un rond-point en bottes de paille, fin mars
, poursuit Dominique Gerfault. Une plaisanterie à laquelle on serait tenté de croire, cette fois !
La réponse de la maire Elisabeth Marquet
M. Gerfaut veut tout faire, mais dans une commune, on ne fait pas comme pour un particulier ou une entreprise, on a des règles à tenir
, répond la maire Elisabeth Marquet contactée par téléphone, jeudi 14 mars.
M. Gerfault a été conseiller délégué à Jarzé-Villages, en début de mandat
, poursuit l’élue. J’ai été obligée de lui retirer sa délégation, c’était sa façon d’être qui posait souci, il travaille tout seul. Vexé, il a démissionné au printemps 2023
et monté son association soi-disant pour la sauvegarde du patrimoine
.
Pendant trois ans, il a travaillé avec nous. Il a voté pour l’abandon de la rénovation de la mairie, sauf la dernière fois où il s’est opposé
, précise la maire, avant d’ajouter : On travaille avec le cabinet Résonance et le comité de pilotage, on a toujours travaillé en concertation avec l’école et les riverains.

Élisabeth Marquet, la maire de Jarzé-Villages ne partage pas les positions de l’association de défense du patrimoine, sinon la dangerosité du carrefour des routes d’Angers et de Cheviré-le-Rouge. Archives CO
« On est soucieux du Proxi »
On est soucieux du Proxi mais une commune n’a pas le droit de s’immiscer dans une affaire privée. Il y a des repreneurs mais le propriétaire ne veut pas relouer. […] On travaille sur un projet de supérette neuve avec Maine-et-Loire Habitat. On ne veut pas aller trop vite pour que madame Chesnel, la gérante du Proxi, puisse vendre sa clientèle.
Un point d’accord sur le carrefour
La dangerosité du carrefour des routes d’Angers et de Cheviré-le-Rouge est le seul point d’accord de la maire avec l’association de défense du patrimoine. C’est classé route à grande circulation, on ne peut pas mettre de passage piétons, ni de limitation à 70 km/h, sauf dans le bourg. J’ai envoyé un courrier à madame Dabin (la présidente du Département, N.D.L.R.) et à la conseillère départementale.