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Jackpot pour le Nouveau théâtre populaire de Fontaine-Guérin, avec une dotation de 100 000 €... |
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La troupe du Nouveau théâtre populaire a complètement revisité « La comédie humaine », de Balzac. © Christophe RAYNAUD DE LAGE
Au début de l’année, le festival du Nouveau théâtre populaire, à la Fontaine-Guérin (Maine-et-Loire) a failli disparaître. Le conseil régional a en effet supprimé sa subvention de 14 000 €. Mais des collectivités locales ont pris le relais. Et la troupe a reçu un énorme chèque… On vous explique pourquoi.
Splendeurs et misères des courtisanes était à l’affiche de la trilogie Balzac, proposée par le Nouveau théâtre populaire (NTP) à Fontaine-Guérin (Maine-et-Loire), son fief, puis à Paris, Angers et Caen (Calvados). Mais depuis cette semaine, le NTP est plutôt passé de la misère à la splendeur. Car il vient de décrocher le Grand prix pour l’accès à la culture de la fondation Charles-Defforey, adossée à l’Institut de France. Avec une dotation de 100 000 € à la clé.
Un vrai jackpot pour la troupe… au bon moment. « Au début de l’année, nous étions dans une situation économique critique », euphémise Émilien Diard-Detœuf, l’un des fondateurs de la troupe – qui compte une vingtaine de membres, et deux salariées permanentes. Le NTP envisageait même d’annuler son festival estival, le point de départ de l’aventure, en 2009.
Cette année-là , la jeune troupe investit une propriété familiale, à Fontaine-Guérin, construit un plateau et joue cinq pièces. Depuis, comédiens et comédiennes se sont tous formés, principalement au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, et ont joué 78 créations ! Las : la stagnation ou la baisse des subventions a accentué la fracture d’une troupe « riche d’ambition, mais pauvre de moyens ».
La réalisatrice Coline Serreau séduite
La suppression de 14 000 € du conseil régional, au sein d’un large plan d’économies, aurait pu porter le coup fatal. Mais le conseil départemental a augmenté son aide du même montant, en labellisant de surcroît le NTP « structure d’intérêt départemental ». Les collectivités locales de Fontaine-Guérin et des alentours ont voté des subventions exceptionnelles pour un montant de 18 000 €. La compagnie bénéficie aussi du soutien de l’association des Amis du NTP, qui a ramené 25 000 € dans l’escarcelle, de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) et du ministère de la Culture.
L’énorme cerise sur le gâteau, c’est donc ce chèque de 100 000 € attribué par la fondation Charles-Defforey. « La présidente du jury, la réalisatrice Coline Serreau, a vu notre trilogie Balzac au théâtre de la Tempête, à Paris, en novembre 2024. Elle a pris connaissance de notre aventure », qui commence à séduire un public d’audience nationale.
« Renflouer les caisses »
Le 18 juin, Fontaine-Guérin brillera sous la coupole de l’Institut de France, à Paris, « comme si le petit village gaulois se rendait à Rome », sourit Émilien Diard-Detœuf.
L’énorme chèque va permettre « de renflouer les caisses » et « de donner du souffle à notre prochaine création, en 2028 ».
D’ici là , le NTP – dont le budget annuel oscille entre 600 000 € et 900 000 € – va aussi revoir son modèle économique, pour assurer sa pérennité. Avec trois priorités : « Diminuer les charges du festival, avec moins de comédiens sur scène, développer le mécénat local et vendre encore plus nos spectacles. »