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Inondations : se dirige-t-on vers la crue du siècle à Angers ?... |
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En janvier 1995, Angers subit les crues de l’Oudon et de la Mayenne, et l’eau envahit la ville. Sur la photo d’époque, les secours évacuent une personne âgée dans le quartier Doutre. © Archives F. Lemoulant/Ville d’Angers
Les perspectives d’une crue d’ampleur exceptionnelle à Angers (Maine-et-Loire) sont de plus en plus ancrées dans les esprits. Dans ces conditions, peut-on imaginer vivre la même situation qu’en janvier 1995, année où les records sont tombés ? Ouest-France fait le point.
C’était en janvier 1995 et il y avait beaucoup, beaucoup d’eau. À cette époque, Angers (Maine-et-Loire) subit la montée des niveaux de l’Oudon, de la Mayenne et de la Loire et le 30 janvier, paf ! Le pic est atteint. Au pont de la Haute-Chaîne, on enregistre plus de 7 m. La crue du siècle est là .
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Avec elle, une ville paralysée. L’enseigne Carrefour et les entreprises du quartier Saint-Serge sont fermées, comme les lycées Jean-Moulin, Du-Bellay et Sacré-Coeur. Le marché d’intérêt national (MIN) se fait un bon bain de pieds et le boulevard Ayrault est une piscine à ciel ouvert.
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« Au-delà d’une crue annuelle »
Le temps d’une crue, Angers change de nom et devient « Angers-sur-Mer ». Ou sur Maine, c’est selon… Aujourd’hui, à la lumière des niveaux qui ne cessent de grimper et des prévisions pas franchement folichonnes, pourrait-on vivre à nouveau la situation de 1995 ?
Un pic est attendu à 6,10 m ce mercredi, relève Élodie Gutierrez, chargée de mission au Syndicat mixte des Basses vallées angevines et de la Romme (SMBVAR). On ne sait pas s’il y aura une phase de plateau ou si ça va continuer à monter, mais pour l’instant, même si c’est une crue importante, on ne peut pas parler de crue du siècle.
Le colonel Cyrille Thomy, du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours, ne dit pas autre chose. Nous sommes au-delà d’une crue annuelle, au-delà d’une crue décennale, mais pas au niveau d’une crue centennale.
Un territoire mieux armé
Et de développer : Nous ne sommes pas encore aux épisodes que l’on a connus dans les années 1990 – et qui restent des références –, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a eu beaucoup d’aménagements qui ont modifié les montées des eaux et les informations sur les montées des eaux.
En résumé, le territoire est mieux armé, fort de Plans de prévention des risques d’inondation et d’un Programme d’actions de prévention des inondations (Papi), piloté justement par le SMBVAR. Comme le souligne Élodie Gutierrez : Aujourd’hui, les communes gèrent très bien la situation.