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Greenpeace dénonce des expéditions d’uranium d’Orano vers la Russie... |
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Le siège d’Orano à Châtillon. Photo d’illustration. © Capture d’écran Google street view
Un porte-parole d’Orano confirme que le groupe a conclu fin 2020 un contrat avec Rosatom pour la vente d’un peu plus de 1 000 tonnes d’uranium de retraitement destiné à la fabrication de « combustible nucléaire pour les centrales russes ».
Des militants de Greenpeace ont protesté ce mardi 12 octobre devant le siège du groupe nucléaire français Orano à Châtillon (Hauts-de-Seine) contre des exportations d’uranium de retraitement français vers la Russie
, réclamant leur arrêt définitif
et le classement comme déchets
de ces combustibles usagés.
Selon l’ONG environnementale, plusieurs dizaines de tonnes d’uranium issu du retraitement du combustible usé (ont) été chargées à bord du navire Kapitan Lomonosov à destination de Saint-Pétersbourg les 20 janvier et 12 février 2021
depuis le port du Havre et Orano a reconnu être à l’origine de ces expéditions.
Retour à l’expéditeur ! La Sibérie n’est pas une poubelle, n’en déplaise à @OranoGroup, géant français du nucléaire qui y envoie ses déchets radioactifs. @barbarapompili, Orano est détenu à plus de 70% par l’Etat, mettez fin à ce trafic !
— Greenpeace France (@greenpeacefr) October 12, 2021
© Victor Point / Greenpeace pic.twitter.com/MN6zAHTMm4
Selon Greenpeace, une nouvelle expédition doit avoir lieu d’ici la fin de l’année dans le cadre d’un contrat d’Orano sur la vente de plus de 1 000 tonnes d’uranium de retraitement avec l’entreprise publique russe du nucléaire, Rosatom, qui est censée les réutiliser dans ses réacteurs nucléaires après transformation dans l’usine de Seversk (Tomsk 7), au cœur de la Sibérie
.
Pour la fabrication de combustible nucléaire pour les centrales russes
Un porte-parole d’Orano a confirmé à l’AFP que le groupe avait conclu fin 2020 un contrat avec Rosatom pour la vente d’un peu plus de 1 000 tonnes d’uranium de retraitement destiné à la fabrication de combustible nucléaire pour les centrales russes
. Un premier transport a eu lieu en début d’année et d’autres sont en cours
selon cette source, qui a souligné que ce contrat avait été conclu grâce à des conditions de marché plutôt favorables
.
Ces exportations de combustibles usagés, considérés comme recyclables par enrichissement, ne sont pas prohibées. En 2018, la société russe Tenex, filiale de Rosatom, avait ainsi remporté un contrat avec EDF pour recycler et enrichir de l’uranium issu du retraitement des combustibles usés du parc de centrales nucléaires du groupe français.
Un problème de classification selon Greenpeace
Mais Greenpeace conteste depuis longtemps le classement en matières nucléaires
- donc considérés comme recyclables – des combustibles nucléaires usagés, réclamant leur classement comme déchets nucléaires
donc non-recyclables et dont l’exportation est très strictement encadrée par l’Union Européenne.
Greenpeace demande l’arrêt définitif des exportations d’uranium de retraitement français vers la Russie, qui sont un non-sens environnemental, social et économique. La majeure partie de la matière restant en Russie, sans réutilisation, il s’agit d’exportation de déchets nucléaires
, écrit l’ONG.
Selon elle, l’observation d’images satellites a permis de déterminer que l’entreposage des fûts d’uranium de retraitement se fait à ciel ouvert
sur le site russe, sans dispositif de protection pour ralentir leur dégradation
.