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Granit. L'entreprise France Funéraire emploie 82 personnes en Vendée... |
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En 50 ans, l'entreprise a su allier gestes traditionnels et techniques modernes pour créer des objets uniques ou presque, avec le supplément d'âme apporté par le travail manuel. © DR
France Funéraire, fabricant de plaques funéraires, défend la spécificité d'une fabrication française, devenue rare, avec ses atouts : la création et la personnalisation.
L'histoire
L'activité commence en 1967, Pierre Engerbeau, représentant, a vu l'émergence du granit et décidé de faire fabriquer les produits qu'il ne trouvait pas auprès de ses fournisseurs. En 1968, il crée la société Ouest-Funéraire qui emploie 10 salariés. « Les granits venaient de France, granit du Sidobre, granit rose de Bretagne... explique Sylvestre Olgiati, PDG de France Funéraire. Les gens achetaient alors leur monument à l'avance et il leur fallait les croix et les plaques en granit ».
En 1979, la société a un réseau de vente national et 26 salariés. Ouest-Funéraire, avec 41 salariés, est racheté par Vigin Chrisola, en 1986, et devient France Funéraire, en 1990. Elle rachète AGM et Mémograv, fusionnées en Funépro en 2008, et crée d'autres marques comme Chrono-plaques, ou plaque-express. En 2007, Sylvestre Olgiati arrive comme directeur général, il rachète Funépro, en 2015, à travers la holding Prosalie. L'entreprise compte aujourd'hui 82 salariés.
Une fabrication artisanale
« La visite de l'atelier de fabrication a intéressé la soixantaine de nos clients venus de toute la France pour notre anniversaire. Maintenant on saura argumenter sur le prix des plaques, m'ont-ils dit ». La fierté de l'entreprise est de fabriquer l'objet et pas surveiller des robots.
Toute une partie des procédés de fabrication comme la découpe, le polissage, le perçage a peu changé en 50 ans, l'évolution s'est faite sur les décors. Il suffit de comparer le catalogue d'il y a 20 ans, avec des décors simples, au pochoir avec la variété et la finesse des décors d'aujourd'hui, l'utilisation de la couleur, de la photogravure, l'apport d'autres matières comme le verre... « Les thèmes ont beaucoup changé, les plaques sont devenues des objets décoratifs. Notre stratégie depuis dix ans est de développer l'offre, la personnalisation, élargir la gamme de choix ». Pour cela, l'entreprise emploie trois personnes à plein-temps sur la création.
Anticiper les évolutions
Selon Sylvestre Olgiati : « Pour tenir dans la durée, une entreprise doit être en veille permanente sur les évolutions de la société. L'enjeu d'avenir est de s'adapter aux nouveaux rites funéraires, créer d'autres objets du souvenir qui n'iront peut-être pas au cimetière mais en direction des vivants. La mission de l'entreprise est de permettre à chacun d'exprimer son émotion, son souvenir à travers une plaque funéraire unique ou presque ».