Football. Interview : Cindy Perrault, gardienne de but... |
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Football. Interview : Cindy Perrault, gardienne de but
La gardienne de but originaire du Plessis-Macé a commencé le foot à 6 ans au club de foot de Montreuil- Juigné avant d’intégrer à 15 ans le prestigieux Olympique lyonnais et le Centre national du Football à Clairfontaine. Après un passage d’un an à Albi, elle a rejoint Grenoble, où elle évolue actuellement. Âgée de 23 ans, elle est joueuse semi-professionnelle et entraîneuse de gardiennes de but.
Vous avez eu la chance d’être sélectionnée pour rejoindre le célèbre Olympique lyonnais. Qu’est-ce que ce club représente pour vous ?
Rejoindre l’OL était un rêve, c’est l’équipe que je supportais depuis toute petite. Je voyais les filles de l’équipe qui passaient à l’époque à la télé avec la Ligue des Champions, c’était le meilleur club du monde pour moi. Je garde de très beaux souvenirs de l’OL avec lequel j’ai gagné plusieurs titres. J’ai énormément de chance d’avoir pu participer à la Ligue des Champions, à la Coupe de France où j’ai pu faire un match. J’ai aussi été championne jeune avec la catégorie U19 de Lyon alors que j’étais titulaire.
Vous avez également de grands souvenirs avec l’équipe de France…
Oui, notamment un titre de championne du monde U17, un rêve pour beaucoup de footballeuses. Après, j’ai eu la chance de partir dans un très beau pays qu’est la Papouasie-Nouvelle- Guinée pour la Coupe du monde U20. Malheureusement, on a perdu en finale mais ça a été une expérience enrichissante dans le foot et humainement.
Avec Grenoble (GF38) où vous jouez depuis 2 ans, vous venez de réaliser un exploit. Pouvez-vous nous en parler ?
Début mars, on a éliminé au tir au but une équipe de D1 alors qu’on est en D2 : Dijon. En demi-finale, on est tombé ensuite contre l’ogre lyonnais justement. J’avais à coeur de jouer ce match contre mes anciennes coéquipières pour montrer ma progression. On a perdu en prenant un but à la 94e minute mais ça reste un beau souvenir. En plus, on a eu la chance de jouer dans le stade de Grenoble devant 5 000 personnes. Pour nous, c’est quelque chose d’extraordinaire.
On a l’impression que le public s’intéresse de plus en plus au football féminin. Partagez-vous ce constat ?
Oui, de plus en plus de personnes me disent qu’elles préfèrent regarder le foot féminin. Beaucoup d’équipes masculines ne jouent pas le jeu du foot. Nous, on a beaucoup à montrer. On ne doit pas faire de chichis et on ne draine pas autant d’argent que le foot masculin. Dans mon club, la plupart des femmes travaillent toutes à côté. Le soir, elles viennent à l’entraînement et se donnent à fond. Elles sacrifient leurs week-ends pour ce sport, ne font pas semblant. Je pense que c’est ce qu’aime le public aussi. La Coupe du Monde qui se déroulera cet été permettra de médiatiser encore plus le foot féminin et fera progresser le nombre de licenciées à la rentrée.
Est-ce difficile pour une femme d’évoluer dans le milieu du foot ?
Évidemment, on a toutes eu des critiques, moi la première. Même de la part de mes profs à l’école, j’ai pu entendre « tu ne seras jamais footballeuse… » Il y a beaucoup d’a priori mais je ne regrette absolument pas d’avoir entendu tout ça car ça nous renforce mentalement. Le fait d’avoir joué avec des garçons m’a donné la niaque et permis de bien progresser.
Quels sont vos espoirs pour la saison prochaine ? Pour votre avenir ?
La fin du championnat approche. J’ai bien sûr envie de retrouver la D1. On travaille pour, on donne tout et on verra les propositions de demain. J’ai envie de continuer dans le foot, c’est la raison pour laquelle je passe mes diplômes. Je me verrais bien entraîner dans une sélection nationale, il faut voir comment évolue le football féminin. D’ici quelques années, j’espère que beaucoup de clubs auront progressé !
Rédaction et photographies : Alice Labrousse & Katell Morin
