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Football : Willy Bernard, quand le présent rend visite au passé... |
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A Angers, Willy Bernard a déjà connu une sacrée émotion. La montée en L2 en mai 2006 qu'il fête ici dans les bras de Do Marcolino. Et il a au moins eu une qualité. Il a su déléguer toute la partie sportive au duo Olivier Pickeu - Jean-Louis Garcia. © Georges Mesnager
Coupe de France. Le président du Sco a fait ses premiers pas de dirigeant à Pontlieue. Coup d'oeil dans le rétro.
C'est un fait. Indéniable. Cet homme-là aime le foot. Simplement. Ce passionné de voitures adore voir aussi rouler... la balle. En mai 2006, le soir de la montée en Ligue 2, après une victoire face à Vannes, il était là sur la pelouse de Jean-Bouin. Gesticulant, criant, dansant, avec des étoiles dans les yeux, la joie au bout des doigts. Comme un gamin. Car, dans ses chaussures à bouts pointus et derrière son look de golden-boy, existe un rêve de gosse.
Un gosse que son grand-père emmenait aux matches. Du côté du Mans. Un gamin qui prit vite conscience de ses limites. Car le prés', comme on l'appelle du côté du Sco, s'est testé ballon au pied. Gaucher. « J'ai commencé à 6 ans. Ailier puis libero ou défenseur. J'ai joué jusqu'à 24 ans. Au niveau district. Je n'étais pas très assidu, sauf du banc de touche. Pas très doué non plus. Comme je n'étais pas non plus destiné à être technicien, adolescent, je me suis dit pourquoi pas président. » Adolescent, il bouffait du foot aussi. Accompagnant son oncle, qui bossait pour une radio régionale, dans ses reportages. Supporter de l'OM surtout. Du PSG aussi.
En 2000, il devient sponsor et dirigeant du CO Pontlieue, le club de Renault où son père travailla. Puis il prit les rênes. Président. D'un club en difficultés financières. Mais avec cinq montées en six ans. De la première div à la DH. Il s'y est fait les dents. « Le monde amateur, ce n'est pas toujours facile. Il n'y a pas de ressources. Le travail est différent. On est plutôt celui qui choisit qui va être à l'entrée, à la buvette, aux sandwiches. C'est plus terre à terre. Mais ces choses vécues m'ont servi quand je suis arrivé au Sco. » Pontlieue, c'est aussi le creuset d'une complicité. D'une amitié et d'une association. Avec Olivier Pickeu, ancien pro du Mans. Qui porta les couleurs du COP, l'année de la montée en DH. « Il y avait une rumeur disant qu'il allait venir au club. Je me suis dit alors, mais bien sûr, pourquoi pas ? » Son actuel manager général se souvient. « Il a su m'embobiner, me mettre bien au club. Me prendre au jeu. Et j'ai signé. » Il est charmeur, Willy Bernard. Enfin, quand il le veut. Il n'a pas pu s'approcher du MUC 72, le club de sa ville. Alors, va pour le Sco. Prés' chez les pros. Projet concrétisé.
Dimanche, son passé et son présent se rencontreront. Arnage-Pontlieue - Angers. « J'ai été surpris. Il y avait peu de chance. Cela dit, le club n'est plus le même. Il y a eu une fusion. Mais j'en avais parlé avec l'entraîneur sarthois, la veille du tirage. Il travaille dans mon entreprise. On s'était chambré. Et bien, c'est arrivé... » L'entraîneur ?. Il s'appelle aussi Willy, ça ne s'invente pas. Willy Bolivard. Willy contre Willy, sacré histoire. Mais dimanche soir, il n'y aura qu'un seul Willy à être sauvé. Et à passer.
Jean-François CHARRIER.