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Fontevraud-l'Abbaye. « Je crée entièrement les bijoux »... |
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La lapidaire taille et polit des pierres fines et précieuses ou des blocs. © CO
Le lapidaire est le spécialiste de la taille de pierres précieuses. Rencontre avec Célia Baunier, à l’occasion du salon des minéraux qui se tient pour la dernière fois aujourd’hui.
Célia Baunier, 28 ans, est tailleur de pierres précieuses. Elle est plus précisément lapidaire, un métier mal connu mais qui continue d’exister. Ils sont très peu d’artisans indépendants en France à travailler de précieux minéraux. Avec une dizaine d’exposants, elle est présente jusqu’à ce soir pour une exposition-vente de minéraux, de fossiles et de bijoux organisée par Yves Cohen.
Célia Baunier est d’abord passée par l’agriculture, avant d’en venir à la taille de la pierre dans le bâtiment, à Amiens. En parallèle, elle tenait une entreprise d’importation de cabochons indiens.  Du jour au lendemain, j’ai décidé de me lancer. J’ai acheté mes machines et commencé à tailler moi-même.Â
Autodidacte, cela fait cinq ans qu’elle est installée comme lapidaire.
La taille de pierres, un métier passion
Le travail de la pierre est minutieux et la lapidaire est un peu comme l’ébéniste du caillou.  Je travaille à partir d’un bloc brut et ensuite je le taille, je le polis afin que les personnes puissent le porter en bijou. Je crée entièrement les bijoux. Les pierres, je les perce et pour certaines, je les sertis avec du laiton. Cela m’arrive aussi de travailler avec des créateurs qui les habillent soit avec de l’argent, soit avec du macramé, du fil de cuivre.Â
Célia Baunier travaille principalement pour des particuliers.  Certaines personnes m’apportent des bijoux pour des réparations, des blocs comme la labradorite qui était cassée et que je dois refaçonner.Â
Pour la lapidaire, rien de plus gratifiant que de créer, de découvrir de nouvelles pierres.  Même si je ne fais pas de grosses recettes, c’est plus pour le plaisir de l’échange avec les personnes autour de moi. Pour les pierres, j’essaie de les avoir au plus près des sources avec le moins d’intermédiaires possibles. Pour les pierres d’Indonésie, je travaille avec une personne qui est en contact direct avec la mine d’extraction. Pour mes rhodochrosites d’Argentine, c’est un monsieur qui, pour vivre, ramasse dans les tas de remblais à la sortie des mines et qui vend en ligne.Â
. D’autres pierres brutes lui viennent de Russie, du Pérou, d’Amérique du Nord, du Canada. La lapidaire n’aurait jamais pensé, un jour, tailler des cailloux :  Avec certaines pierres, on peut être déçu du résultat et avec d’autres, c’est une vraie surprise pour obtenir, au final, les fameux joyaux.Â