|
Festival d’Anjou. Grâce à Stallone, Clotilde Hesme virevolte sur le ring... |
2
Angers, cloître Toussaint, le 18 juin 2021. Clotilde Hesme et Pascal Sangla emportent toute raison sur leur passage avec ce texte original et réjouissant. © Régine LEMARCHAND
Une jeune femme s’extirpe de sa condition grâce à Rocky Balboa. Une idée réjouissante portée par une Clotilde Hesme subtile et aérienne, vendredi soir au cloître Toussaint.
C’est pourtant un film de bonhomme, qui fleure bon l’Amérique des biscotos et des pensées primaires. Celle des déclassés, des revanchards et des losers, où le happy end est inévitable. Une époque où le rock FM fait trembler les radiocassettes et rêver les ados boutonneux. Mais c’est une jeune femme frêle que Rocky va inspirer au-delà de toute raison. Elle en a ras le pompon de son job de secrétaire médicale, s’ennuie ferme avec son compagnon pas folichon, cherche sa voie en soupirant, presque résignée. Sylvester Stallone va lui montrer le chemin de la rédemption et Eye of the tiger (remember Survivor) va devenir la bande-son de sa vie.

Angers, cloître Toussaint, le 18 juin 2021. Clotilde Hesme rayonne dans le rôle de cette jeune femme qui reprend sa vie en main grâce à Stallone pour mieux boxer ce qui ne lui plaît pas. Régine LEMARCHAND
Éblouie par l’abnégation et le courage de Rocky, elle enfile les gants et boxe cette vie qui ne lui plaît guère. Démissionne, se sépare, reprend ses études de médecine. Et, toujours, reste fidèle à un seul homme, Sylvester, dont elle va suivre toute la carrière avec un même amour inconditionnel, de chefs-d’œuvre (si, si) en nanars absolus.
Numéro de duettistes
Dans ce rôle hautement improbable, Clotilde Hesme est simplement époustouflante de justesse. Malgré le récit au passé simple et à la troisième personne, un peu indigeste dans les premiers instants, elle incarne Lise avec subtilité, laissant affleurer cette forme de folie douce qu’elle porte en elle sans jamais la laisser déborder. Épaulée par l’excellent pianiste et comédien Pascal Sangla, au clavier et à la répartie savoureuse (tantôt médecin, compagnon, copine ou musicologue), Clotilde/Lise trépigne sur le ring du cloître Toussaint qu’elle fait sien. Son regard pétille et son sourire charmeur emporte le spectateur dans cette histoire foldinguotte imaginée par Emmanuèle Bernheim et mise en scène par Fabien Gorgeart.
Tant pis pour ceux qui n’ont pas cru à cette soirée, tant mieux pour les 380 spectateurs présents, dont les commentaires ravis ont résonné dans le jardin du Musée des Beaux-arts jusqu’à ce que la nuit les sépare. Sylvester aurait été très fier de Lise.