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Environnement. La Loire face au défi du réchauffement climatique... |
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La Loire en été aux Ponts-de-Cé. © CO – Josselin CLAIR
20 ans après son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, le fleuve royal du Val de Loire est mis à rude épreuve.
Hasard du calendrier : l’inscription du Val de Loire au patrimoine de l’Humanité de l’Unesco a eu lieu le 30 novembre 2000, soit 15 ans jour pour jour avant la Conférence de Paris sur le climat (Cop 21).
Le réchauffement climatique a d’ores et déjà un impact sur la Loire, mais aussi sur ses paysages et donc sur l’ensemble du Val.
La température moyenne de l’eau de la Loire a déjà commencé à grimper, et ça n’est pas fini. D’après les chiffres de l’Établissement public territorial de bassin Loire, elle pourrait continuer à s’élever de +1,1 °C à 2,2 °C à l’horizon 2050. Le réchauffement a pour autre conséquence une baisse des débits des cours d’eau tout au long de l’année, estimée de -25 % à -40 % par exemple à Montjean-sur-Loire.
Des conséquences sur la biodiversité
Il faut aussi s’attendre à une remontée plus en amont des eaux salées causée par la baisse du débit de la Loire et la remontée prédite du niveau des mers »,
explique Jean-Pierre Berton, professeur émérite de l’Université de Tours qui avait tenu une conférence sur ce sujet en octobre 2015 à la Maison du Parc Naturel Régional à Montsoreau.
Cela conduira à un dépassement du seuil de reproduction de la plupart des espèces de poissons et impactera plus particulièrement les salmonidés »,
dit Jean-Pierre Berton qui pointe également le problème du développement des multiples espèces invasives.
Il plaide pour une préservation de la biodiversité et pour l’effacement des seuils et des obstacles le long du fleuve, afin de rétablir la continuité écologique et la libre circulation des espèces et des sédiments.