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ENTRETIEN. Les « Souvenirs » de Seb et Sofyan sur Canal+ : « Le voyage, c’est avant tout humain »... |
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Seb et Sofyan ont visité la Roumanie dans « Souvenirs », une série diffusée sur Canal+. © Olibrius
Les Youtubeurs et amis Seb et Sofyan se lancent dans une aventure à travers les continents dans « Souvenirs : le fabuleux voyage de Seb et Sofyan ». La série, diffusée dès ce mercredi 15 octobre 2025 sur Canal+, retrace leurs découvertes dans quatre pays du monde.
La Corée du Sud, l’Inde, l’Afrique du Sud et la Roumanie n’ont plus de secret pour Seb et Sofyan. Les deux Youtubeurs, grands amis depuis une dizaine d’années, se sont lancés dans un projet commun : Souvenirs, le fabuleux voyage de Seb et Sofyan. Une série documentaire faite de rencontres, de découvertes, de rires et d’objets dénichés lors de leurs aventures. Avant la diffusion des premiers épisodes, dès ce mercredi 15 octobre 2025 sur Canal+ , Seb et Sofyan se sont confiés.
Comment est né ce projet ?
Sofyan : Seb et moi, on se connaît depuis plus de dix ans et on a toujours aimé voyager. Mais plus on grandit, plus nos projets et notre vie nous éloignent, comme deux potes de longue date. Donc l’idée avec Souvenirs, c’était de trouver un projet commun pour se retrouver, pour repartir ensemble en voyage.
Seb : Quand on est des jeunes qui deviennent un peu plus adultes, on se rend compte que la vie nous rattrape et qu’il faut provoquer ces moments de retrouvailles.
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Ce sont des vidéos qui auraient pu être publiées sur vos chaînes Youtube, pourquoi avoir choisi de travailler avec la télévision ?
Sofyan : C’est un projet un peu différent. Le fait que ce soit une série, c’est plus ambitieux que de faire une vidéo Youtube. Dès le départ, on était conscient de cette ambition, qu’il allait y avoir plusieurs pays, une variété de culture et donc qu’on allait devoir être accompagnés par un diffuseur. Financièrement, on n’avait pas trop le choix.
Seb : Je pense aussi que les mondes des médias se mélangent de plus en plus. Les frontières sont de plus en plus floues dans cette grosse industrie du divertissement. Ce qui se fait sur Internet et ce qui se fait à la télé, ce sont des cousins très proches. Donc c’est normal que de temps en temps, il y ait des ponts.
Pendant très longtemps, les deux ont pourtant été hostiles l’un envers l’autre…
Seb : Ça l’a toujours été, oui. La première fois que j’ai fait un documentaire, en 2019 (Seb en Papouasie), c’était déjà une première puisqu’il avait été diffusé en prime time à la télévision. À l’époque, c’était beaucoup plus dur, ça a beaucoup évolué en six ans. Aujourd’hui, ces barrières ont été brisées et j’ai l’impression que c’est pour le mieux.
Sofyan : Il y a des ponts qui se créent dans les deux sens et c’est ça qui est trop cool. Beaucoup de gens du web vont à la télé, et inversement.
Seb : Je pense que c’est la cible qui change, le ton un petit peu, mais sinon c’est le même corps de métiers, avec des sociétés de production, des intermittents… C’est l’industrie du divertissement, c’est juste qu’on ne le diffuse pas au même endroit. Mais franchement, j’ai l’impression aujourd’hui que je ne fais plus du tout de différence. L’hostilité du début, c’était le temps de comprendre ce que pensait l’autre. Mais Internet, c’est l’endroit le plus libre qui existe.
Pourquoi avoir fait le choix de ces quatre pays pour Souvenirs ?
Sofyan : On voulait vraiment une diversité culturelle, avoir un panel gigantesque de rencontres, de paysages. L’Inde, on y était il y a dix ans avec Seb et on voulait avoir une petite mise à jour. On voulait aussi découvrir l’Afrique du Sud, parce que la culture est très éloignée de l’Inde, la Corée du Sud, parce que la culture est très éloignée de l’Afrique du Sud, et la Roumanie, pareil. (Rires)
Seb : Il y a plein de paramètres. On voulait des paysages, mais surtout de l’humain, parce que le voyage c’est avant tout de l’humain. Plus les gens ont des cultures éloignées, plus c’est enrichissant. Ça offre plein de regards sur le monde.
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Quel pays vous a le plus surpris ?
Sofyan : Moi, je dirais la Roumanie. C’est un pays pas si loin de la France, pourtant on a quand même été dépaysé et surpris. Les autres pays, on savait un peu à quoi s’attendre. La Roumanie, je n’en avais aucune idée et je ne pensais pas être autant surpris.
Seb : Moi, je pense que c’était l’Afrique du Sud. C’est difficile à jauger parce que ça fait partie des meilleurs moments de nos vies, qui sont retranscrits dans la série en un mini pourcentage de ce qu’on a vécu. C’est très particulier, mais je sais que le voyage en Afrique du Sud m’a fait beaucoup de bien parce que c’était un moment dans ma vie où j’avais besoin de ça. Et j’ai pris une petite claque. Là où, a contrario, la Corée du Sud, je m’attendais à mieux. C’est mon expérience personnelle évidemment…
Sofyan : Mais c’est une destination dont on entend beaucoup plus parler et qu’on appréhendait.
Seb : C’est peut-être ça, justement.
Comment vous êtes-vous préparés avant de partir ?
Seb : Il y a une grosse partie de pré-production où on essaie d’avoir un « scénario de rêve », un « planning de rêve », avec ce qu’on aimerait faire. Je dirais qu’on n’a pu faire qu’un pourcentage de ce qu’on voulait faire parce qu’il y a toujours derrière ça une question de disponibilité, de météo… C’est du voyage donc il y a toujours une part d’improvisation. Donc évidemment, on était un peu renseigné avant de partir, mais on séparait certaines informations pour avoir la naïveté et le premier regard sur certaines choses. On avait les grandes lignes mais on refusait d’avoir les détails parce que ça aurait enlevé du naturel.
Quels sont ces « souvenirs » que vous avez ramenés de vos voyages ?
Sofyan : On a ramené une quarantaine d’objets en tout, qui racontent chacun une histoire. On passe de l’objet un peu étrange qu’on n’a jamais vu avant au papier toilette que tout le monde a chez lui, mais qui a une signification bien précise.
Seb : Pour la série, on a dû faire une exposition fictive avec ces objets, disposés comme des vraies œuvres d’art. Je me souviens d’un village en Inde, Bera, où les habitants vivent avec les léopards. Sur le papier, on était un peu surpris et on s’est posé beaucoup de questions. Finalement, on a vécu une aventure extraordinaire, on a fini par voir des léopards, et on a compris comment les habitants pouvaient vivre avec eux. Mais on n’a pas pu ramener de léopard. (Rires) Donc on a fait faire un tableau par un artiste avec un léopard caché dedans, comme dans Où est Charlie ?. J’adore ce souvenir.
Sofyan : Et c’est une belle œuvre en plus !
Seb : Il y a aussi des objets qui symbolisent les moments qu’on a vécus. De notre découverte de la k-pop en Corée du Sud, on a ramené un marteau qui est un objet représentatif d’un groupe féminin, par exemple.
Sofyan : Il y a des objets qui symbolisent et il y a des objets qui viennent vraiment des moments qu’on a vécus. On a un pneu éclaté qu’on a vraiment mis dans de l’acrylique. On en a fait une œuvre d’art, et c’est un vrai pneu qu’on a utilisé.
L’exposition n’est donc pas réelle ?
Seb : Non. En fait la série raconte deux gars qui aimaient tellement leurs souvenirs qu’ils en ont fait une exposition. Ça nous a servis de transition entre les moments qu’on a vécus et les pays qu’on a visités. Mais on ne se ferme pas à l’idée d’en faire un jour une vraie expo, parce qu’elle existe. On l’a pensée, on l’a faite. Mais ce n’est pas prévu encore, ce sera plutôt une étape dans un second temps pour aller rencontrer les gens. On se garde cette possibilité si un jour on en a envie.
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Quels pays aimeriez-vous visiter pour une éventuelle saison 2 ?
Seb : Pour briser des clichés, j’adorerais faire l’Australie.
Sofyan : Moi j’aimerais qu’on fasse le Brésil. Mais l’Australie, ce serait fou aussi. C’est ça qui est bien avec ce format : dès qu’on dépasse les clichés, mygales et kangourous pour l’Australie par exemple, on découvre des choses qu’on ne soupçonnait même pas.
Pourquoi pas le Japon, que vous connaissez et aimez tous les deux ?
Sofyan : Pour être honnête, c’est l’un de mes pays préférés au monde. Par contre, il va falloir faire un boulot énorme pour découvrir des choses que les gens ne connaissent pas. En France, beaucoup de monde est fan de la culture japonaise. Mais nous, le but, c’est de se faire surprendre par ce qu’on ne connaît pas.
Seb : Il faut à la fois des pays qui donnent très envie, et des pays où on n’a presque aucune idée d’à quoi ça ressemble.