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ENTRETIEN. « Il n’y a pas de lassitude » : Fabrice Deville évoque son rôle dans Un si grand soleil... |
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Fabrice Deville joue dans « Un si grand soleil », du lundi au vendredi sur France 2 © © Fabien MALOT – FTV
Personnage récurrent de la série depuis 2019, Fabrice Deville interprète Florent Graçay dans « Un si grand soleil ». Pour Ouest-France, il revient sur le tournage de ce feuilleton quotidien, sur ses envies d’évolution et sur ses projets personnels.
Du lundi au vendredi sur France 2, Fabrice Deville se glisse dans la peau de l’avocat Florent Graçay dans le feuilleton quotidien Un si grand soleil . La série peut se targuer d’avoir été le feuilleton le plus regardé en 2022 avec en moyenne 3,7 millions de téléspectateurs chaque soir devant la télévision. L’acteur, aperçu dans de nombreuses productions audiovisuelles françaises, nous a accordé un entretien pour évoquer ce rôle qui l’anime depuis quatre ans.
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Pensez-vous que les feuilletons quotidiens soient reconnus à leur juste valeur ?
Dans la tête de beaucoup de gens, de producteurs, de réalisateurs, c’est peut-être moins bien vu qu’une série « standard », mais ils ont tort, parce qu’il y a une vraie qualité sur ces feuilletons, à tous les niveaux. J’ai fait pas mal de téléfilms et sur certains d’entre eux, je n’avais même pas le temps de travailler mes scènes. J’ai plus de temps sur Un si grand soleil, tout est très bien rodé et les réalisateurs viennent vraiment travailler avec nous.
Y a-t-il beaucoup de texte à apprendre en peu de temps ?
Oui, ça peut parfois être un peu bavard. Parce qu’on est obligé de rappeler l’histoire quand on s’adresse aux spectateurs qui ne suivent pas la série en continu, donc il y a des redondances. Cela énerve parfois les comédiens d’ailleurs !
Il y a 55 personnages récurrents dans la série. Comment êtes-vous organisés ?
Je n’en croise pas beaucoup en réalité. On ne tourne pas en même temps et tout le monde ne tourne pas tout le temps. Je vais par exemple avoir en moyenne quatre jours de tournage par mois. Moïse (Santamaria, qui interprète Manu Leoni) peut en avoir sept. Je peux tourner peut-être un petit peu plus si j’ai une arche importante. Donc ça laisse quand même beaucoup de temps pour faire d’autres projets à côté. Si ces projets sont adaptables avec cet emploi du temps, car je donne bien entendu la primeur à Un si grand soleil, parce qu’ils m’ont embauché dès le début et qu’ils m’ont fait confiance.
Vous êtes dans la série depuis quatre ans, ça ne vous lasse pas ?
Je remercie encore la directrice de casting, Joanna Delon, pour avoir insisté et m’avoir dit : ‘viens, tu verras, c’est un super projet’. En effet, je ne suis absolument pas déçu. Il est évident encore une fois que certaines scènes qu’on va faire dans une série vont être plus remarquables ou plus remarquées que certaines scènes qu’on va faire dans un feuilleton quotidien. C’est comme ça. Mais il n’y a pas de lassitude, parce que je ne tourne pas tout le temps justement. La lassitude viendra si des producteurs ne me font pas travailler ailleurs et qu’au bout d’un moment, mon personnage dans le feuilleton n’évolue plus.
Justement, avez-vous des envies d’évolution pour votre personnage ?
Oui, évidemment. Je voudrais aller dans quelque chose de plus torturé. Mon personnage est très gentil, très calme, très posé… J’aimerais bien qu’il ne mette plus d’eau dans son vin et qu’il retrouve des vieux copains. J’aimerais qu’il soit un petit peu plus violent avec plus de caractère et qu’il sorte également plus. J’aime beaucoup les rôles à la Éric Cantona, avec des caractères bien trempés mais aussi des failles. Mais je n’en parle pas trop, parce que je n’ai pas envie qu’on puisse se dire que j’en veux plus ou que je ne suis pas satisfait. De toute façon, le jour où je ne serai plus content, je partirai.
Un si grand soleil est, depuis l’arrêt de Plus belle la vie, le feuilleton le plus regardé en France. Pourquoi ?
Parce que c’est très bien produit, très bien fait et parce qu’il y a une qualité de jeu. Je pense que quand on fait bien les choses, c’est normal que ça marche. Les histoires sont bien écrites, ils mettent le prix pour avoir de nombreux scénaristes talentueux, donc les arches sont réfléchies, posées et il en ressort de belles choses. Et puis c’est assez varié. Ce n’est pas la série de Fabrice Deville avec un ou deux personnages principaux justement. Tous les acteurs ont leur place et le public se retrouve forcément dans ces histoires à un moment donné.
Que faites-vous à côté de la série ?
Contrairement à ce qu’on peut croire, je ne peux pas vivre uniquement d’Un si grand soleil, qui peut d’ailleurs s’arrêter à tout moment pour moi. Donc à côté, j’ai une société de coaching, Moteur Action, que j’ai créé il y a treize ans. J’aide les gens avec la gestion de la communication et de la prise de parole en public. Ça marche très bien et ça me permet de faire vivre ma famille, car j’ai quatre enfants après tout ! (rires)