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En Anjou, ces deux artistes « détournent » et « chamboulent » : une expo à voir jusqu’au 17 août... |
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Saint Nalg prend des photos qu’il transforme en paysages oniriques avec une appli. François Gerzé peint à l’huile des scènes énigmatiques. © Ouest-France
Tous les jours jusqu’au dimanche 17 août, Nalg et François Gerzé exposent leurs photos et peintures à l’Espace artistique à Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire).
Jusqu’au dimanche 17 août, Nalg et François Gerzé présentent quotidiennement leurs photographies et peintures à l’Espace artistique de Saint-Barthélemy-d’Anjou, en (Maine-et-Loire). Habitués à exposer ensemble, c’est la troisième fois que Nalg et François Gerzé viennent à la galerie de l’Espace artistique de l’Anjou. Cette fois-ci, ils ont décidé de mêler leurs œuvres, des photographies réalisées et retravaillées sur son téléphone portable pour Nalg et des peintures à l’huile pour François Gerzé.
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Des techniques aux antipodes donc, mais au service d’une même appétence pour exprimer des imaginaires fantastiques, profondément personnels, et stimulants pour le visiteur.
« Je déforme, détourne et chamboule »
Passionné de contes, mythologies, philosophie, musique, François Gerzé commence par des croquis pour composer ses tableaux foisonnants « d’éléments, pas de détails ». L’artiste détaille ses méthodes de travail : « Comme j’ai une bonne maîtrise de la perspective, je déforme, détourne et chamboule, indique-t-il. Il y a beaucoup de points de fuite et de lignes d’horizon qui troublent le visiteur. »
Un visiteur titillé qui va s’amuser à tenter de décoder les symboles figurant dans les décors et les situations présentés. Ainsi, le portrait de sa nièce dans sa chambre donne lieu à une plongée dans un univers proche de celui d’Alice au pays des merveilles. Funambules, joueuse de flûte, Pierrot lunaire, jeune homme assis sur un toit, moines ou ouvriers musulmans en prière, Marianne africaine, paysages urbains ou désertiques, tout, chez François Gerzé, devient surréaliste, énigmatique.
Lorsqu’il n’avait plus de papier, il a utilisé son téléphone
Nalg aime aussi ajouter ou juxtaposer des éléments, incongrus de prime abord, dans les photos qu’il prend et retouche avec son téléphone portable. Une technique apparue pendant le covid qui l’avait empêché de sortir acheter de l’encre et du papier pour réaliser ses croquis, et qu’il a développée depuis. « Je retouche les couleurs, je fais des découpes avec une appli utilisée par les ados pour réaliser leurs selfies. Il conclut. J’adore détourner. »
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Dans ses « paysages intérieurs », parfois proches des estampes japonaises, parfois complètement oniriques, les forêts sont rouges ou bleues, des arbres solitaires surgissent au milieu de la mer ou dans les nuages. « Il y a aussi beaucoup de montgolfières, pour aérer, » précise-t-il. Et des silhouettes, immobiles. Autrefois, Nalg croquait des portraits de gens marqués par l’existence. « Maintenant, l’humain réapparaît dans mes travaux, mais de façon anonyme, en observateur. »
Jusqu’au dimanche 17 août, à l’Espace Artistique, à côté du château, dans le parc de Pignerolle. Tous les jours de 11 h à 18 h.