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Des petites chauves-souris protégées auront-elles raison d’un projet de quatre éoliennes dans la campagne sarthoise ?... |
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En Sarthe, un projet éolien pourrait ne jamais voir le jour au nom de la préservation de la noctule commune, espèce de chauves-souris protégée. © Archives Ouest-France
Le promoteur Volkswind espérait construire quatre éoliennes entre plusieurs communes du nord de la Sarthe. Mais les risques sur une espèce de chauves-souris protégée sont en passe de sceller le sort du projet devant la justice.
Des noctules communes, petites chauves-souris protégées de 7 cm de long et 28 grammes, sont en passe de contrarier l’installation de quatre éoliennes dans la Sarthe, entre les communes de Thoiré-sous-Contensor, Les Mées et Saint-Rémy-du-Val, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Mamers.
Ce projet, redouté par les opposants, réunis au sein du collectif Stop éoliennes Sarthe, ne devrait pas avoir lieu. C’est en tout cas la tendance qui se dessine après les conclusions rendues par le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Nantes (Loire-Atlantique), ce vendredi 30 janvier 2026.
Ce magistrat indépendant, dont l’avis guide la décision finale des juges, a préconisé la confirmation du refus opposé par le préfet de la Sarthe, le 12 mars 2025, à la demande d’autorisation environnementale du promoteur Volkswind. Un « stop » avant même la fin de l’instruction et l’ouverture d’une enquête publique.
Les noctules communes en rempart ?
Le représentant de l’État avait fondé son veto sur trois motifs. Une étude d’impact alternative
dérogeant aux conclusions du guide régional. Des mesures ERC (éviter-réduire-compenser) jugées insuffisantes. Et l’absence de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces-protégées (DEP).
À l’audience, ce vendredi, le rapporteur public écarte les deux premiers griefs, retenant la nécessité d’une DEP, principalement au regard de la vulnérabilité des noctules communes qui ont perdu 90 % d’effectifs depuis 2006. Un motif de refus Â
suffisant
 », estime-t-il. Au grand dam d’Alexandra Rochard, avocate du promoteur.
Les mesures d’évitement sont exemplaires,
assure-t-elle. L
es éoliennes sont à 130 m des linéaires d’habitat alors que seulement 50 m sont prescrits. Elles sont à 2 km des autres parcs afin d’éviter tout cumul, et on a passé 260 nuits d’écoute pour paramétrer le bridage (arrêt ponctuel des machines). L’instruction du dossier de demande doit reprendre.
Ni la préfecture de la Sarthe, ni les opposants n’étaient représentés à l’audience. La décision a été mise en délibéré au 17 février.