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Dans ce vignoble historique de Maine-et-Loire, on trouve l’un des meilleurs vins du monde... |
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Tessa Laroche dans ses vignes avec les saisonniers. Au premier plan, Théo Danielo, l’un des trois permanents du domaine. © Ouest-France
L’Anjou, terre de vin. Le terroir de la Roche-aux-Moines est situé à Savennières, près d’Angers (Maine-et-Loire). Dans ce vignoble historique, Tessa Laroche réalise l’un des plus grands chenins de la Loire en travaillant à une recherche constante de qualité.
Les moines ont le sens du beau et du bon. Ce sont eux qui ont planté, au Moyen Âge, les vignes de la Roche-aux-Moines qui font l’un des meilleurs vins blancs du monde, dit-on. Entre Savennières et Bouchemaine, près d’Angers (Maine-et-Loire), on ne voit qu’elles, côté rive droite, qui descendent en pente raide vers la Loire.
En ce jour de fin juin, nous sommes tout en haut de cette colline, le domaine aux Moines, une propriété de 13 hectares que Tessa Laroche tient de sa mère. « On a dit de notre vin que c’était un grand vin au féminin pluriel », rigole la dame, qui ne manque jamais le matin de faire un tour dans ses parcelles. « C’est magique ! Regardez comme l’herbe et la vigne sont vertes, malgré la chaleur. Ici, les racines vont profond à travers le schiste pour chercher l’eau. »
« Désormais, nos palais préfèrent le vin sec »
Orientées plein sud et bien drainées, les vignes de l’appellation Roche aux moines sont en cépage 100 % chenin. On y fait du blanc sec et du blanc moelleux. « Au début du XXe siècle, le moelleux dominait, mais désormais nos palais préfèrent le sec. » Chez Tessa Laroche, le sec représente 90 % de la production. Pour quelle différence avec le vin de la rive gauche ? « Le schiste donne plus de fraîcheur et de tension. Alors que dans le Layon, ils sont plus gras, plus opulents. »

« J’ai une chance extraordinaire de vivre dans le domaine aux moines, un terroir à part. » Tessa Laroche à Savennières. Ouest-France
Faire du moelleux est possible à Savennières. Pour cela, il faut que le botrytis, ce champignon responsable de la pourriture noble, se développe afin que le sucre soit plus concentré dans les raisins. « Mais pour réaliser des secs, on ramasse le raisin avant qu’il ne se botrytise. »
« Le vin de Tessa, une vitrine de la région »
Ce jour-là , Tessa reçoit Patrick Rigourd, caviste des Halles et des gourmets à Angers. Un fidèle de la maison : « Chez Tessa, le boulot est fait à 300 %. La quête de la qualité est ce qu’on recherche dans la dégustation. On veut des vins droits et naturels, qui représentent un lieu et un terroir. Et le vin de Tessa est fortement marqué. C’est une vitrine de la région. »
Une vitrine qui oblige à beaucoup de travail. D’autant plus que l’appellation La Roche aux moines est en bio. Ce qui veut dire pas de produit chimique (herbicides contre les mauvaises herbes, fongicides contre les champignons, insecticides contre les insectes). « Quand vous employez 15 ou 20 personnes, cela vous coûte beaucoup plus cher que d’utiliser des machines et des produits. Les enjeux ne sont pas les mêmes. »
« Quand on a une année parfaite, tout le monde peut être en bio »
Dans les restaurants gastronomiques et les étoilés, les vins bio et biodynamiques font recette. Mais de là à conquérir tous les vignerons, il y a encore une marche. « Quand on a une année parfaite, tout le monde peut être en bio, mais une année 2023 ou 2024, il y a un peu de pression. En bio, il faut accepter de perdre un peu de vendanges. Il faut être motivé. Or, quelquefois, la réalité économique vous emmène vers autre chose… »