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Comment la station d’épuration de la Baumette, à Angers, innove pour réduire ses dépenses... |
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Les espaces verts de l’agglomération (comme ici, le jardin des plantes à Angers) pourraient, en cas de stress hydrique, être irrigués par les eaux usées, après leur traitement dans la station d’épuration de la Baumette. © Ouest-France
En plus de la centrale solaire photovoltaïque, qui lui fournit une partie de son énergie, la station d’épuration de la Baumette à Angers (Maine-et-Loire) ne cesse d’innover pour économiser.
Pourquoi une station d’épuration est-elle aussi gourmande en énergie ? Parce qu’elle met en place un système d’épuration d’eau, à l’échelle industrielle. Le directeur de la station de la Baumette, Dominique Babin, sort sa calculette. « L’usine traite, en moyenne, 30 000 à 40 000 m³ d’eaux usées (l’équivalent de quinze piscines olympiques). Cela représente un volume annuel de 10 millions de mètres cubes ; on traite les eaux usées tous les jours, toute l’année. »
Alors la station d’épuration de la Baumette innove, comme le prouve l’installation d’une centrale photovoltaïque.
Depuis 2018, « le biogaz est récupéré, valorisé et réinjecté dans le réseau GRDF » , synthétise Jean-Paul Pavillon, vice-président, chargé du cycle de l’eau, de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations au sein d’Angers Loire métropole. Avec un sacré plus : « Une recette importante pour l’agglomération ».
Pompes à chaleur
Autre travail initié par Veolia, qui gère l’usine propriété de l’agglo : la mise en place d’une pompe à chaleur. Dans une station d’épuration, beaucoup d’énergie est produite : l’objectif est de la récupérer.
« C’est une pompe à chaleur, comme celles que l’on trouve à la maison, mais de dimension industrielle. Elle récupère les calories de l’eau sortie d’usine pour chauffer un circuit d’eau qui va à son tour apporter de la chaleur aux boues du digesteur. Cela permet, au final, de produire beaucoup de biogaz » , détaille Dominique Babin.
Eaux usées pour irriguer
Si une autre initiative ne fait pas baisser la facture d’électricité, elle va permettre quand même de faire faire des économies à la collectivité. Les eaux usées vont pouvoir être récupérées pour l’irrigation, une fois traitées. C’est tout bénéfice.
« Ce sera possible l’été, en cas de stress hydrique, pour irriguer les parcs et jardins de l’agglomération » , illustre Jean-Paul Pavillon. Une façon supplémentaire d’afficher sa résilience face au changement climatique.